[Critique] Ana y Bruno

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Après quelques années d’absence à la réalisation, Carlos Carrera revient à la direction avec Ana y Bruno, un film d’animation mexicain dont l’atmosphère dévoilée par la bande-annonce, morbide à souhait, avait le mérite d’intriguer.

Carlos Carrera, réalisateur

Pays : Mexique
Année de production : 2016
Durée : 1H35
Ana arrive avec sa mère dans un endroit isolé au bord de la mer. Elle y rencontre des personnages fantastiques, étranges et amusants, avec qui elle se lie d’amitié. Après s’être rendu compte qu’ils avaient été internés, Ana décide de s’échapper de la clinique.

Mais malheureusement, ce petit titillement de curiosité a rapidement laissé la place à d’autres sentiments lors du visionnage de ce film hors compétition. Ana y Bruno nous raconte l’histoire d’une petite fille qui accompagne sa mère dans ce qui semble être une maison de repos. Rapidement, elle va y faire la rencontre des autres pensionnaires qui vont s’avérer être plus malaisants les uns que les autres, entre personnes ayant visiblement des problèmes mentaux mais aussi des créatures qui semblent être fantasmées, imaginées, et que Ana est capable de voir quand les autres ne le peuvent pas.

Ce qu’on aurait pu prendre pour un effet de style graphique lors de la découverte des premières images, surfant presque sur un monde burtonien de la grande époque, se révèle très vite être en fait un ensemble visuel des plus hideux. Entre un character design des plus douteux, que ce soit pour les êtres humains ou pour les monstres, des décors pauvres aux textures légères et une animation qui semble avoir plus d’une décennie de retard, c’est presque une épreuve par moment de rester concentré. Seul le monstre antagoniste principal de Ana s’en sort et se démarque nettement du reste, offrant même quelques scènes très jolies et impressionnantes.

Mais il serait injuste de condamner un film uniquement sur un aspect visuel au final peut-être pas à la mesure des ambitions de son réalisateur. Le propos, s’il est bien construit, ou l’histoire, si elle est bien ficelée, sont à même de rattraper ce genre de défaut. Sauf que là encore Ana y Bruno pêche sérieusement.

Certes, le film de ce côté n’est pas dénué de qualités ou de bonnes idées. La thématique soulevée par le scénario est belle et on est assez facilement touché lors des différentes révélations. L’histoire a un fort potentiel, il y a de la profondeur, mais j’ai trouvé tout cela mal exploité et surtout mal amené. En effet, la révélation principale du film se devine assez tôt dans le métrage pour arriver au final très tard. D’une idée qui germe rapidement au visionnage, cela devient limite une obsession de savoir si celle-ci est vraie ou non. Et c’est dommage, surtout quand le potentiel dramatique réside dedans.

Mal exploité aussi car le tout est noyé dans un déluge d’humour qui ne marche que rarement. Blagues douteuses à base de fat shaming sur le personnage féminin de l’éléphant la mettant dans des situations humiliantes, toujours de très bon goût, ou encore l’oeuvre de Bruno, le second personnage principal, dont l’ensemble flirte avec le harcèlement sur à peu près n’importe quel personnage féminin, sans parler des blagues sous la ceinture, rares sont les situations comiques qui marchent. Ce qui pourrait passer dans un film satirique assumé pour peu que cela soit bien fait, avec par exemple El Santos vs la Tetona Mendoza pour faire un parallèle avec un autre film mexicain, tombe complètement à l’eau quand cela ne semble pas être l’objectif premier du métrage.

Au final, Ana y Bruno laisse un léger sentiment de frustration. Le film de Carlos Carrera possède un réel potentiel de part son propos et son univers graphique, mais l’ensemble souffre vraiment de trop de défauts, que ce soit en matière de narration ou de construction, pour vraiment faire mouche.

4/10

l'auteur

David

On dit souvent que les loutres, c'est cool. Et bien on a raison et même plus encore. David en est justement une, de celles qui aiment manger des kg de films d'animation et en parler par ici. On dit aussi qu'il le fait parce qu'il aime les coups de fouet d'Anthony, mais chut !

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