[Critique] Bad cat.

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Depuis ma première édition du festival d’Annecy en 2013, je dois bien avouer que j’attendais avec une certaine excitation de trouver un successeur au fabuleux El Santos vs La Tetona Mendoza, qui m’avait marqué par son côté déjanté et trash. Et c’est après 3 ans d’attente que je l’ai trouvé en la présence de Bad Cat. Adapté de la bande-dessinée Kötu Kedi Şerafettin de Bülent Üstün, le film est produit par le studio Anima Istanbul, réalisé par Mehmet Kurtuluş et Ayşe Ünal, et est clairement un ovni d’animation.

Mehmet KURTULUS (gauche), Ayse ÜNAL (droite)
Pays : Turquie
Année de production : 2016
Durée : 1H26
Shero et ses amis recherchent la même chose que n’importe qui d’autre dans ce quartier d’Istanbul : des filles sexy, de la nourriture et de l’alcool. Les projets de soirée prennent du retard de façon comique et hostile lorsque Shero tombe amoureux…

Bad Cat met en scène la vie de Shero, un chat de gouttière parlant qui ferait rougir de gêne ce bon vieux Walt Disney s’il était encore en vie. Non sans rappeler un cousin de Fritz the Cat en plus taré, l’animal mène une vie de débauche avec ses potes, un rat et une mouette. Alcool, drogue et gourgandines sont autant d’occupations quotidiennes, sans oublier le passage à tabac de différents chiens, le tout sous l’oeil excédé de son maître qui n’aspire qu’à une vie plus paisible.

Mais alors qu’un ami proxénète propose à Shero une nouvelle… aventure, tout s’affole. Ce qui devait s’annoncer comme une après-midi de divertissements douteux se transforme rapidement en cauchemar pour le chat, qui cumule une expulsion de son domicile, un nemesis zombie et l’arrivée d’un fils caché non désiré. Vous l’aurez compris, le film de Mehmet Kurtuluş et Ayşe Ünal ne ressemble pas vraiment à ce que l’on a l’habitude de voir dans le monde de l’animation.

Irrespectueux de tout ce qu’il est possible de faire, les vannes et scènes comiques de mauvais goût s’enchaînent plus vite que son héros ne fume ses clopes. A grand renfort de citations explosives, comme “Elle est sèche comme une nonne dans un couvent”, mais aussi de situations plus qu’explicites, l’explosion de rire est plus que fréquente. Un humour qui va d’ailleurs lier le tout, car côté histoire il faut bien avouer que cela reste moins réjouissant. Les différentes rivalités de Shero, comme avec le zombie, amusent mais tournent rapidement en rond. A chaque pas fait vers un dénouement final prévisible, l’histoire tourne sur les mêmes éléments dans des contextes différents.

Défaut malheureux, mais qui s’excuse assez facilement pour peu qu’on mette de côté un désir de profondeur pour juste apprécier un déluge de vannes saupoudré de bonnes grosses bastons. Les amateurs du genre ne s’ennuieront pas tant le rythme reste bon, même si certains passages plus posés ont tendance à légèrement le casser. Et en plus de ça, Anima Istanbul fourni des CGI et une animation fluide et dynamique qui n’ont pas à rougir devant certaines plus grosses productions !

Au milieu de films contemplatifs, de documentaires sur la guerre et autres histoires déprimantes, qu’il est bon de se vider le cerveau avec un métrage comme le Bad Cat de Mehmet Kurtuluş et Ayşe Ünal. Aucune morale, aucune pitié, la bande de ce chat turc envoie tout valser dans un tonnerre d’humour et de mauvais goût en se payant même le luxe d’avoir une animation plus que correcte. Une excellente surprise, pour peu qu’on aime le style.

8/10

l'auteur

David

On dit souvent que les loutres, c'est cool. Et bien on a raison et même plus encore. David en est justement une, de celles qui aiment manger des kg de films d'animation et en parler par ici. On dit aussi qu'il le fait parce qu'il aime les coups de fouet d'Anthony, mais chut !

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