[Critique] Le Garçon et le Monde.

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Brésil, deuxième ! Après Rio 2096 : Une histoire d’amour et de furie, c’est un autre avatar de l’animation qui nous parvient sous les traits du petit garçon d’Alê Abreu, et il n’y pas plus dissemblables que ce dernier et la création de Luiz Bolognesi, lauréate du Cristal en 2013. Explications.

Alê Abreu, réalisateur.

Pays : Brésil
Année de production : 2013
Durée : 95 min
À la recherche de son père, un garçon quitte son village et découvre un monde fantastique dominé par des animaux-machines et des êtres étranges. Un voyage lyrique et onirique illustrant avec brio les problèmes du monde moderne.

Le film porte sur un petit bonhomme qui assiste au départ de son père dans une campagne reflétant une certaine pauvreté. Le garçon décide alors de partir à sa recherche, ce qui va l’amener à parcourir des paysages de plus en plus urbanisés.

Dans une esthétique de dessin d’enfant, Alê Abreu pose un regard critique sur notre société moderne. En effet, le style graphique s’enrichit de paternes de plus en plus denses qui reflètent la mécanisation implacable du monde qui l’entoure. A tel point que l’on peut y voir une référence au Temps Modernes de Charlie Chaplin et au Metropolis de Fritz Lang.

Le Garçon et le Monde possède la grande qualité d’être muet (oui, j’ai horreur des films bavards), ce qui permet une immersion totale dans ce que vit ce petit bonhomme. Les péripéties sont portées par un chant de Carnaval traditionnel qui s’inscrit comme une rébellion face à l’automatisation de l’humain. Cet appui mélodique sur un art antique berce le spectateur et maintient une lueur d’espoir dans cette aventure.

L’animation, quant à elle, est fluide, tout en s’adaptant à chaque tableau de la recherche de notre héros, prenant le parti d’aller du plus épuré au plus riche dans l’accumulation des motifs animés. La gestuelle de notre petit héros respecte les mouvements d’un enfant jusque dans les gestes les plus anodins, ce qui donne au public une plus grande facilité d’identification.

Le seul bémol du film vient selon moi dans l’ajout d’images documentaires à la fin du métrage. La thématique de la perversion de la modernité est déjà bien présente, ce n’était donc pas nécessaire d’en remettre une couche. Il est difficile cependant de savoir si c’est une volonté provenant du réalisateur ou de la production, Filme de Papel, afin d’en assurer la compréhension du message du film par tous les publics.

Avec Le Garçon et le Monde, le festival affirme sa volonté de faire connaître au public le cinéma d’animation latino-américain, comme je pouvais le pressentir l’an passé avec Rio 2096 : Une histoire d’amour et de furie. Cette histoire, contrairement à la précédente, m’a transporté grâce à sa stylisation enfantine qui nous dévoile toute l’acidité du monde moderne.

Le 8 octobre, dès qu’il commencera à faire frais, je vous invite donc à vous rendre dans votre cinéma local et à découvrir le voyage de ce jeune garçon. Un film à voir en famille !

l'auteur

Muriel

Podcastrice, rédactrice, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m'entendre faire grawr sur Grawr.fr.

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