[Critique] Rudolph the Black Cat.

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Après Stand by me Doraemon, présenté lors d’une année précédente, voici venir du Japon un nouveau film d’animation en 3D, preuve en est que même dans le pays du sakuga, des tentatives régulières y sont faites pour amener cette technique sur le devant de la scène… Et quoi de mieux qu’une histoire de chat pour appuyer la chose ?

Yuyama Kunihiko et Moto Sakakibara, réalisateurs

Pays : Japon
Année de production : 2016
Durée : 1H29
Rudolph, un chat noir, est soudainement séparé de son maître adoré. Contre toute attente, il se réveille dans un camion routier qui l’emmène jusqu’à la grande ville de Tokyo. Là, il rencontre Gottalot, un grand patron chat craint par toute la ville. Incapable de rentrer chez lui, Rudolph débute une nouvelle vie de chat errant avec Gottalot. Mais son nouvel ami n’est pas exactement celui qu’on croit…

Rudolph the black catL’intrigue laisse entrevoir un récit initiatique où tout ce petit monde se retrouverait en se faisant des câlins plein de poils. Cependant, Rudolph the Black Cat surprend en apportant des aspérités et de la rugosité dans cet univers félin, et cela transparaît notamment au travers du personnage de Gottalot, matou tigré à la vie bien remplie, qui va révéler au jeune novice les conseils pour agrémenter une vie d’errance.

Son nom est Gottalot, mais pas seulement Gottalot : il possède un blase différent selon les différentes maisons où il va quémander de la nourriture. Cette précieuse nourriture sera la première motivation pour l’apprentissage de la lecture à Rudolph par le vieux félin, avant d’envisager le périple retour. On assiste au fur et à mesure du film à une dépiction de l’importance des chats dans les quartiers japonais. En effet, ils y vivent et sont totalement acceptés par les habitants et commerçants. Vous pouvez d’ailleurs avoir un aperçu de cette ambiance dans le beau livre Neko Land, une vie de chat au Japon édité chez Issekinicho.

Rudolph the black catOutre un quartier vivant, Gottalot et Rudolph croisent dans leurs aventures d’autres chats pour lesquels on devine aisément une existence rude de par leur chara-design inspiré de gangsters, avec un coup de cœur pour la boule de poils ronde et ébouriffée fuyant à la vue de nos deux acolytes. On aimerait suivre d’avantage la vie de ces chats à l’allure déglinguée. Il est amusant d’observer l’évolution de Rudolph, chaton fragile et mignon aux grands yeux à un être plus agile qui a fait du milieu urbain son terrain de jeu.

La mise en scène de Kunihiko Yuyama (vétéran de la saga Pokémon) et Mikinori Sakakibara (Final Fantasy – Les créatures de l’esprit) prend le parti de se placer un maximum à hauteur de chat, ce qui, dans un premier temps, est déroutant mais qui fait sens au sein de cette narration. On y découvre parfois même le suivi d’une feuille dans les airs ce qui se rapproche de l’attitude contemplative typiquement féline. Vous voyez, quand vous pensez que votre chat regarde entre les dimensions, et bien, les réalisateurs ont essayé de s’inscrire au mieux dans cette impression.

Rudolph the black catL’apprentissage de la lecture est lui aussi traité de façon ludique avec immersion totale de nos héros. Rudolph et Gottalot s’imprègnent ainsi littéralement des mots et voyage de page en page par le biais d’une animation épurée sur fond blanc. Ces moments sont bien amenés et apportent des respirations dans le récit.

De manière générale, l’animation 3D est plutôt de bonne qualité, bien meilleure que celle de Stand by me Doraemon, que je n’ai toujours pas digérée. La photographie évolue au fil des saisons apportant une douceur aux personnages et aux décors. Seuls les humains ont parfois l’air un peu raide mais on leur pardonne car on est dans une histoire de chats, et ils sont loin d’en être les principaux protagonistes.

Concernant la fin je ne vous en dirais pas plus mais, sachez seulement qu’elle vous laissera une saveur douce amère.

N’ayant eu aucune attente particulière pour ce film, Rudolph the Black Cat a réussi à me surprendre en abordant une histoire de chat du point de vue de la rue, à l’image du manga Kuro, un cœur de chat de Sugisaku. Je vous invite donc à le voir car il remplit pleinement son cahier des charges initial, sans plus de prétention.

l'auteur

Muriel

Podcastrice, rédactrice, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m'entendre faire grawr sur Grawr.fr.

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