[Critique] Tad et le secret du roi Midas

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5 ans après Tad l’explorateur : à la recherche de la cité perdue, un film d’animation espagnol amusant mais sans grande prétention, Enrique Gato nous propose, accompagné de David Alonso, une nouvelle aventure de cet explorateur maladroit : Tad et le secret du roi Midas. Présenté hors compétition au festival, celui-ci poursuit il le chemin de son grand frère ?

Enrique Gato et David Alonso, réalisateurs.

Pays : Espagne
Année de production : 2017
Durée : 1H27
Tad part en voyage à Las Vegas pour voir la dernière découverte de son amie Sara : un papyrus prouvant l’existence du roi Midas, qui transformait tout ce qu’il touchait en or grâce au pouvoir d’un collier magique. Mais l’heureuse rencontre entre Tad et Sara est interrompue lorsque l’infâme Jack Rackham vole le papyrus et kidnappe Sara pour la forcer à trouver le collier, source de richesse infinie.

Lorsque j’avais découvert le premier volet des aventures de cet explorateur espagnol, j’avais été plutôt mitigé. Au delà d’un ensemble graphique correct, cette recherche de la cité perdue par Enrique Gato avait réussi à surfer sur les codes du film de ce genre. Reprenant avec une certaine intelligence tout ce qui pouvait faire le succès d’un Indiana Jones ou même, oserais-je, d’un Benjamin Gates pour le porter plus sur de la comédie pure, mais sans jamais vraiment s’élever au delà du divertissement léger malgré un bon potentiel.

Sans avoir une grande attente non plus, j’espérais tout de même que le réalisateur, appuyé de David Alonso pour sa première réalisation, offrirait quelque chose de plus pour cette suite. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.

Pourtant, le métrage commence d’une belle façon, où l’on retrouve la déconstruction de son personnage principal redevenu garçon de chantier après sa folle aventure. Déprimé suite à ce retour à la normale, on découvre sa vie de tous les jours et toutes ses déconvenues que cela peut apporter, qui sont propices à un environnement comique maitrisé et qui fonctionne. Mais rapidement, l’amour de sa vie, Sara, refait surface avec ce qui s’annonce comme étant une folle nouvelle aventure : la preuve que le roi Midas, personnage de l’Antiquité, a bel et bien existé.

Ironiquement, alors que l’intrigue principale commence à se mettre en place, c’est à ce moment là que le film s’embarque dans une longue dérive, tel un chariot sans frein au fin fond d’une mine dans une lointaine contrée. Au retour de Sara s’ajoute un antagoniste des plus clichés dans ses actions, mais surtout la momie du précédent film dont le seul rôle sera d’être l’élément comique de l’aventure.

L’histoire en elle-même est plutôt bonne, même si effectivement il n’y a aucune surprise tant le tout est du déjà vu pour peu qu’on ait déjà regardé ce genre de films, mais l’ensemble est terni d’un humour omniprésent qui ne marche clairement pas à tous les coups. Certes certaines scènes sont hilarantes grâce au caractère très maladroit de Tad qui rempli très bien son rôle d’anti-héros, mais tout cela est plombé par des scènes au malaise profond très souvent en relation avec la momie. La scène du chauffeur de taxi en est un parfait exemple, où l’on retrouve le mort-vivant travesti en femme pour plus de discrétion, et se révèle être gorgée de clichés lourdingues, sexistes et homophobes.

Sans parler de toutes ces incohérences ou autres faux raccords, vraiment nombreux, qui amusent au début pour ensuite énerver dès la nouvelle occurrence, avec certains si gros qu’on se demande comment cela a pu passer au contrôle. Comme le fait que la momie répète TRÈS régulièrement qu’il n’a que des os et aucun liquide dans son corps, pour ensuite vomir à cause du mal de mer quelques scènes plus loin. En écrivant cet exemple, j’en viendrais presque à me demander si ce n’était pas une forme d’humour tant cela était gros, mais vu les autres erreurs à côté, je ne pense pas.

En tout cas, le premier volet m’avait mitigé, mais la suite m’a clairement frustré. Le fond de l’histoire est bon et l’idée de faire une parodie de films d’aventure en animation, avec une bonne dose d’humour et son lot de références souvent très bien placées comme cette scène en référence à Apocalypse Now, est excellente. Le rythme est bon, l’animation l’est aussi et l’univers graphique, bien que parfois un peu moyen, tient la route. De plus, quelques scènes du film, notamment sur les épreuves pour parvenir à retrouver des objets ouvrant la porte du tombeau du roi Midas, sont impressionnantes et tiennent même en haleine ! Non vraiment, il y avait un réel potentiel pour faire quelque chose de très bon et les deux réalisateurs n’ont malheureusement pas réussi à dépasser le stade de divertissement inégal.

Tad et le secret du roi Midas, de Enrique Gato et David Alonso, n’est pas pour moi un mauvais film, mais celui-ci n’en est pas non plus un bon. Le potentiel de son histoire pleine d’aventures et quelques excellent passages sont malheureusement gâchés par un humour trop souvent inutile et inefficace, tout comme certaines maladresses trop grosses pour ne pas être oubliées.

5/10

l'auteur

David

On dit souvent que les loutres, c'est cool. Et bien on a raison et même plus encore. David en est justement une, de celles qui aiment manger des kg de films d'animation et en parler par ici. On dit aussi qu'il le fait parce qu'il aime les coups de fouet d'Anthony, mais chut !

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