[Critique] Truth has fallen.

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Après l’étonnant documentaire Tito on Ice l’année précédente, la sélection hors-compétition accueille le premier (et certainement dernier, selon ses paroles) film animé de Sheila M. Sofian,  intitulé Truth has Fallen.

Sheila M Sofian, réalisatrice

Pays : USA
Année de production : 2013
Durée : 1h
Un documentaire qui examine le travail de James McCloskey. Mr. McCloskey a fondé Centurion Ministries, une organisation dont la mission est de libérer les prisonniers accusés à tort de meurtre. Comment des innocents peuvent être reconnus coupables de meurtre, que peut-on faire pour éviter ce genre d’injustices dans le futur, et qu’arrive-t-il aux innocents qui parviennent à sortir du milieu carcéral après autant d’années ?

Concentré sur le récit de trois personnes qui ont été accusées à tort par la justice des Etats-Unis et leur chemin vers la reconnaissance de ces erreurs, le film nous expose ces histoires, les efforts qui ont été nécessaire pour essayer de changer le système, et l’action des collectifs qui soutiennent ces victimes. Pur film indépendant, Truth has Fallen a été multi-financé par des bourses universitaires, du mécénat et via une plate-forme de financement participatif afin de boucler un budget suffisant et terminer le métrage.

Alliée à David Fain, issu du milieu de l’animation, Sheila M. Sofian a pu mener à bien l’animation entièrement faite en peinture sur verre. Un véritable défi qui donne lieu à une manière bien différente de raconter ce type d’histoire, ainsi qu’une véritable plongée intérieure dans la psychée des innocents. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le format touche au but : la descente aux enfers est difficile et malgré les soixantes petites minutes de métrage, on ressort de la salle épuisé, étouffé, lessivé par l’expérience.

Car la technique utilisée par Sofian pour mettre en scène ces témoignages apporte un vrai plus en induisant une forme de claustration mentale que le spectateur partage avec les victimes, comme un piège qui se referme sur l’esprit et qui nous exhorte à se rebeller contre ce type de situation.

Un vrai électrochoc pour ceux de la vieille Europe, où la présomption d’innocence règne encore dans nos procédure judiciaire, mais un vrai camouflet envers la justice telle qu’elle est conçue aux Etats-Unis. Le système doit changer, et Truth has Fallen se détache de ce qui a déjà été fait par une utilisation différente du médium.

Et ça fait plaisir de voir de l’animation militante sur un écran, qu’il soit de cinéma ou celui de votre salon, car rien n’empêche son utilisation sauf le sentiment même que “l’animation c’est pour les ch’ti nenfants”.

Un monde de mentalités à changer, mais la sélection (même hors compétition) d’un tel film nous montre que les choses changent. Lentement, il est vrai, mais ça viendra.

l'auteur

Muriel

Podcastrice, rédactrice, amatrice de curiosités et bizarreries animées. Vous pouvez aussi m'entendre faire grawr sur Grawr.fr.

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