[Dossier] Disney • Pixar à Annecy !

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Chaque année au festival se tient une journée particulière pour une certaine catégorie de fans d’animation. Un rendez-vous unique en France, riche en détails, en exclusivités qui le sont plus ou moins, et qui soulève les foules de passionnés présents à Annecy. Et cette journée, c’est la journée Disney • Pixar qui se tenait cette année le vendredi et où nous avons eu la chance de découvrir une présentation et deux projections au sein de la même séance, sans oublier la 5ème édition du Disney Art Challenge.

C’est le sujet ici de ce dossier, où vous pourrez retrouver une présentation de Coco (page 2), le film des studios Pixar dont la sortie française est prévue pour le 29 novembre 2017, mais aussi un compte-rendu du Disney Art Challenge (page 4), une critique de Cars 3 réalisé par Brian Fee (page 5) et la critique de Lou (page 3), le court-métrage réalisé par Dave Mullins, qui fera son ouverture.

Présentation du film Coco, par Darla Anderson et Adrian Molina

C’est une foule excitée, impatiente, qui s’est amassée dans la grande salle de Bonlieu pour découvrir dans un premier temps la présentation du prochain film des studios Pixar, Coco, par la productrice Darla Anderson et le co-réalisateur Adrian Molina.

Un tonnerre d’applaudissements des plus logiques qui accueille ces deux très grands noms de l’animation, une rapide présentation et on attaque d’emblée avec le dernier trailer du film pour caler une ambiance chaude, colorée et musicale qui semble accompagner ce film.

Un film qui est né de l’imagination du deuxième réalisateur, Lee Unkrich malheureusement absent dû à la production, il y a de ça très longtemps, car il a toujours été attiré par la culture mexicaine, ses couleurs, ses traditions autour de la mort et des squelettes. Une véritable passion qui, au fur et à mesure des découvertes, lui aurait fait se dire : et si jamais je pouvais raconter une histoire mélangeant tout ce que j’aime ? Le “Jours des Morts” fut choisi comme base et le projet était né.

De cette idée a découlé plusieurs voyages dans le pays des mariachis pour se documenter et préciser ce qui n’était alors qu’un concept. Histoire, musique, décors, tout a été étudié à partir des expériences qui ont été faites sur place et ce pour atteindre une ambiance particulière, unique et colorée, orientée autour de la famille qui est une valeur chère à ce pays.

Pour illustrer tout cela, et c’est tout de même un peu ce qu’on attendait, c’est avec un petit sourire malicieux que les deux présentateurs nous montrent ensuite tout un lot de scénettes. Le but est simple et habituel, nous présenter plusieurs pans de l’histoire ou des personnages, au moyen de morceaux du films souvent inachevés.

Et nous avons été gâtés ! Les démonstrations s’enchaînent bien, Adrian Molina et Darla Anderson sont à l’aise et l’accent est mis sur le personnage principal de Miguel, le jeune héros du film accompagné de son chien.

On découvre tour à tour plusieurs moments du film qui vont nous aider à mieux comprendre le contexte de celui-ci et la base de son histoire. Le premier, l’introduction du film, met en avant la famille, notion très importante dans la culture mexicaine, qui gravite autour du jeune garçon.

Un arrière grand-père musicien qui veut conquérir le monde avec sa guitare et qui laisse les siens derrière lui, une arrière grand-mère blessée qui bannit la musique de sa vie et force sa famille à rentrer dans le business de la chaussure. Tout ça nous donne un contexte de conflit autour de Miguel, qui lui, voudrait titiller de la corde sur de belles balades.

Après cette présentation de la base de l’histoire, agrémentée de plusieurs démonstrations de tests d’animations sur différents personnages comme Dante le chien, la grand-mère ou encore Miguel à la guitare, nous avons eu le droit au visionnage d’un passage très riche sur le coeur de la passion du garçon pour la musique. Caché dans un grenier et des heures durant, celui-ci se passe le best-of en vidéo de son idole, Ernesto, un musicien célèbre mort tragiquement, dont il a élevé un véritable autel et qui lui sert de modèle pour s’entrainer à la guitare.

Cet extrait est très intéressant, car il montre que le film possède tout de même un fort potentiel du côté de la profondeur émotionnelle, tout en arrivant à jongler avec l’humour. Le personnage d’Ernesto est un régal de clichés du lover mexicain à la guitare, qui le rend drôle et attachant.

Il possède une influence forte sur Miguel et sera le vrai déclencheur de l’intrigue du film, lorsque le garçon trouvera une photo de son arrière grand-mère avec… Ernesto, étant donc celui qui a abandonné sa famille. La révélation sera un choc, déclenche un conflit familial qui entraîne sa fuite, la destruction de sa guitare et le vol de celle de son arrière grand-père dans son tombeau.

Cette scène de vol, qui nous est montrée, regorge d’émotion et confirme l’impression de l’extrait précédent. Il y a du coeur dans Coco et on sent la détresse du héros, artiste cloisonné qui ne vit que pour la musique et qui exprime tout cela avec la guitare de son grand aïeul, dans un air de musique et une atmosphère surnaturelle qui le fera passer… dans le monde des morts.

Un monde des morts qui est présenté au travers de plusieurs concepts montrant un monde très coloré et très riche, beaucoup plus que celui des vivants. Celui-ci est constamment en construction et présente la particularité d’être développé en forme de grappes de maisons suspendues. Les images sont impressionnantes et ne manquent clairement pas d’originalité.

Les deux présentateurs nous montrent aussi plusieurs tests et concepts autour des squelettes, qui ont apparemment été très fun à animer grâce à leur absence de muscles. Les possibilités sont quasi infinies avec des corps comme ça et cela donne lieu à des démonstrations très drôles.

Autre élément important en images, c’est le bestiaire mythologique lié à la culture mexicaine, représenté ici par des monstres colorés, brillant dans la nuit et complètement dépaysant.

Les derniers concepts de cette série présentent enfin les différents membres de la famille que Miguel retrouve dans le monde des morts. Tous sous forme de squelette et en tenues traditionnelles, on découvre ainsi plusieurs caractères et personnalités fortes, notamment chez les personnages féminins. La présentation est rapide, mais elle sert à nous en apprendre un peu plus sur l’histoire, avec un passage dans une sorte d’administration de l’au-delà pour renvoyer le garçon dans le monde des vivants, qui nous est présenté dans une nouvelle vidéo.

Dans cet extrait, on y découvre donc plus en détail les personnages de la famille du héros, mais aussi le fonctionnement et la mythologie du film autour du monde des morts. Tout en humour une fois de plus, Miguel doit obtenir la bénédiction d’un membre de sa famille ici pour pouvoir rentrer au moyen d’un serment fait auprès de la personne. Sans grande surprise, c’est donc le fait de renoncer à la musique qui lui est demandé, ce à quoi il ne peut se résoudre, le poussant à chercher Ernesto dans le monde des morts pour obtenir sa bénédiction.

Le problème musical est donc présent ici aussi et montre qu’il est réellement au coeur du film, peu importe la dimension dans laquelle se trouve Miguel, provoquant une fois de plus sa fuite d’une famille qui ne peut le comprendre. Une fuite qui permet à Adrian Molina de nous introduire potentiellement le dernier personnage important du film : Hector. Hector est un “jeune” mort qui va permettre à Miguel de s’affirmer. Appuyant le côté profond du film, tout en jouant le rôle de catalyseur comique, ce personnage semble tenir une part très importante dans l’intrigue et va nous permettre d’explorer plus en profondeur ce nouveau monde. Après quelques tests d’animation entre les deux personnages, montrant une complicité et un potentiel comique certain, on apprend qu’ils ont fait un deal où Hector aidera le garçon à retrouver son arrière grand-père si celui-ci participe à un concours de talents, prouvant ainsi qu’il a un réel potentiel, le tout en échange d’une couverture pour traverser ce monde alors qu’il semble qu’il n’a pas le droit de le faire.

Un deal qui est d’ailleurs le sujet du prochain extrait, avec plusieurs scènes nous montrant la négociation entre Hector et Miguel, le manque d’assurance du jeune garçon lorsqu’il doit se lancer devant un public mais surtout une illustration de sa passion et de son potentiel. On passe ici entre un moment compliqué pour le personnage et une vraie scène rythmée, entraînante et en chanson, où l’humour tient une fois de plus une bonne place. Et enfin, l’extrait ainsi que la présentation se termine par des images montrant que lors de ce concours, la famille de Miguel n’a pas dit son dernier mot et le cherche afin de le remettre dans le droit chemin.

Ce n’est pas ma première présentation d’un film des studios Disney/Pixar, mais force fut de constater que celle-ci était particulièrement riche en contenus et en extraits. La première crainte serait de se dire que celle-ci nous a révélé la majeure partie de l’intrigue, mais Darla Anderson et Adrian Molina nous ont rassuré sur cet aspect, indiquant que le film avait encore beaucoup à révéler.

En tout cas, au-delà de constater clairement que le film est prometteur, avec une forte dose d’humour et d’émotion, cela a aussi permis de se rassurer sur une crainte encore plus grande : ses similitudes avec La Légende de Manolo de Jorge Gutiérrez. En effet, même si le Jour des Morts et la musique sont des éléments fondateurs des deux films, ils restent surtout deux aspects de la culture mexicaine très important qu’il serait dommage de juger comme étant copié par Coco, tant l’histoire qu’on y retrouve semble différente, sans parler d’une ambiance graphique propre. Un très bon point donc, qui j’espère fera taire certains esprits chagrins.

Critique du court-métrage Lost & fOUnd, réalisé par Dave Mullins

Affiche du court-métrage LOU.

Pour prendre la suite de la présentation de Coco et de cette journée spéciale Disney/Pixar, Marcel Jean de retour sur scène appelle deux autres membres de la grande famille Pixar en la présence de Dave Mullins et Dana Murray, pour nous parler et nous dévoiler en exclusivité le court-métrage faisant l’ouverture de Cars 3 : Lou.

Lou, c’est un court-métrage à l’image de ce à quoi nous a habitué les gens du studio au travers des âges dans ce domaine. Comme Piper l’année passée ou Sanjay’s Super Team avant ça, le film réalisé par Dave Mullins et produit par Dana Murray est sans conteste un petit bijou de créativité, d’imagination et de coeur. Je sais, dit comme ça, on pourrait croire que je ne prends pas énormément de risques, mais contrairement aux long-métrages du studio, ça se vérifie à chaque fois.

Ici, Lou nous parle d’une boite d’objets trouvés, Lost and Found en version originale, dans une cour d’école. Mais cette boite possède une particularité, c’est que les objets qu’elle contient prennent vie en une sorte de “monstre” de bric et de broc. Lou, ça nous parle aussi d’un petit garçon, qui prend plaisir à malmener ses camarades et à leur voler leurs affaires en leur jouant des tours. Les deux personnages, celui qui prend et celui qui garde, vont alors se confronter dans une folle petite histoire au dénouement des plus poignants.

Le nouveau court-métrage de Pixar est remarquable à mon sens sur plusieurs aspects. On pourrait s’étonner dans un premier temps de voir un rendu global un peu simple par rapport aux précédents avec notamment le surréalisme de Piper, mais en fait cette sensation est très rapidement éclipsée par plusieurs caractéristiques techniques.

Le nombre de personnages d’enfants différents par exemple est le premier détail qui saute aux yeux. Assez inhabituel dans un court du studio, c’est au moins une vingtaine de designs différents et animés en même temps que l’on peut retrouver dans la cour de récréation. Mais ce qui impressionne réellement, c’est le personnage de Lou à proprement parler.

Comme dit un peu plus haut, Lou est formé de pleins d’objets différents et ne possède pas une structure propre. S’approchant presque d’un polymorphe, il change de forme au gré de ses actions et de ce qui le compose. Des balles de base-ball pour les yeux, un sweat pour l’enveloppe charnelle, un gant pour la main quand il a besoin d’une main… on imagine facilement le casse-tête que cela a dû être à créer, animer, mais surtout la créativité que ça a pu dégager. Cela se ressent d’ailleurs sur certaines scènes, notamment la course poursuite entre JJ, le petit garçon voleur, et Lou, où le personnage changera de nombreuses fois de formes, comme celle d’un serpent, pour se déplacer et virevolter au travers des jeux pour enfants.

Réellement bluffant sur le rendu dynamique de tout ce qui entoure le personnage, cela permet aussi d’aborder l’autre point remarquable : l’émotion. Les animateurs au travers du jeu avec le corps du monstre ont réussi à faire se dégager une expressivité au personnage qu’on a rarement vu. Incontestablement une prouesse artistique, celui-ci arrive à exprimer de la peur, de la joie, qui le rend follement attachant et permet au final de rendre crédible cette histoire à la conclusion que je ne vous gâcherai pas mais qui est à l’image de ce que Pixar a fait de mieux.

Lou de Dave Mullins semble dans un premier temps être un court-métrage assez simple, présentant que relativement peu d’intérêt sur un petit garçon qui se cherche et fait des crasses à ses semblables. Mais cette rencontre avec une créature extraordinaire donne une nouvelle dimension au métrage et surprend autant qu’elle impressionne, que ce soit techniquement comme sentimentalement. Une pépite de créativité sans aucun doute.

Compte-rendu de la 5e édition du Disney Art Challenge

Pour la seconde année consécutive, et pour un total de 5 éditions en tout pour le moment, The Walt Disney Company France nous a présenté le Disney Art Challenge, ce concours organisé et créé par la division française de la maison à la souris. Un concours une nouvelle fois en rapport avec la thématique de la sortie cinéma du moment de chez Disney/Pixar, c’est à dire le film Cars 3.

Et c’est Jean-François Camilleri, le dirigeant français, qui nous la présente avec une joie clairement peu dissimulée, tant il est heureux de pouvoir présenter de nouveau son bébé sur la scène de la grande salle de Bonlieu. Un lieu qui lui tient à coeur, car le Disney Art Challenge, c’est une occasion pour les étudiants de la RECA, le réseau des écoles françaises du cinéma d’animation, de montrer leur créativité autour d’un thème qui était ici le road trip et quoi de mieux que la Mecque du cinéma d’animation pour ça ?

Et pour cette édition 2017 autour de la thématique du road trip, Jean-François Camilleri a su s’entourer une nouvelle fois de beaux noms du monde de l’illustration ou de l’animation pour constituer son jury, en la présence de Jean-Jacques Launier (fondateur d’Art Ludique-Le Musée), Annette Marnat (illustratrice pour l’édition et le cinéma d’animation), Romain Hugault (auteur des bandes dessinées Au delà des Nuages ou encore Le Grand Duc), des journalistes Cécile Mury (Télérama) et Louis Lepron (Konbini), et enfin du lauréat de l’édition 2016, Jules Bourges.

Un jury qui aura eu fort à faire pour départager les 261 candidats venus des 25 écoles du RECA et n’en garder que 10 ! Un dernier lot qui fut ensuite passé au jugement dur mais juste d’un John Lasseter, qu’on ne présente plus, et de Brian Fee qui a réalisé le film inspirant la thématique du concours, Cars 3.

On a l’habitude dans ce genre de présentation d’entendre tout un flot de compliments sur les participations, qu’elles sont toutes de qualité et que ça a été très dur de départager tout le monde. Mais quand on a pu découvrir les 10 participations retenues, il faut bien avouer que le discours se comprend, tant cette année avait un niveau de qualité impressionnant ! Et ce ne sont pas les applaudissements à tout rompre de la salle survoltée qui me donneront tort !

Un choix difficile donc, qui a vu la victoire de trois des participants, qui empochent respectivement les sommes de 8000, 5000 et 4000 euros, et qui sont : Amélie Poirier avec « Après l’école » (EMCA), Damien Desvignes avec « Je vous ai montré mes photos de voyages ? » (ECV Bordeaux) et enfin Gemma Aloisi avec « Il n’est jamais trop tard » (ESAAT).

En tout cas, je souhaite une très bonne continuation à ce sympathique concours visant à encourager l’audace, la créativité et, qui sait, à nous présenter les grands artistes de demain !

Critique du long-métrage Cars 3, réalisé par Brian Fee

Après un film d’introduction, un film d’espionnage en demi teinte et deux spin-offs aériens, Flash McQueen est de retour dans un troisième opus, sans John Lasseter aux commandes. Les bande-annonces nous alléchaient avec un film plus sombre, plus mature… alors que vaut cette nouvelle aventure réalisée par Brian Fee ?

Brian Fee, réalisateur.

Pays : États-Unis
Année de production : 2016
Durée : 1H42
Dépassé par une nouvelle génération de bolides ultra-rapides, le célèbre Flash McQueen se retrouve mis sur la touche d’un sport qu’il adore. Pour revenir dans la course et prouver, en souvenir de Doc Hudson, que le n° 95 a toujours sa place dans la Piston Cup, il devra faire preuve d’ingéniosité. L’aide d’une jeune mécanicienne pleine d’enthousiasme, Cruz Ramirez, qui rêve elle aussi de victoire, lui sera d’un précieux secours…

Cars 2, et sa mise en avant d’un personnage secondaire trop irritant pour tenir la route, fut le premier vrai gros échec de Pixar au box-office, mais aussi un coup dur au studio qui avait créé l’une des meilleures franchises du cinéma avec Toy Story. Revenir avec un troisième film était donc à mon sens un sacré pari, mais force est de constater que le pari est réussi.

En effet, la première réalisation de Brian Fee fait le bon choix de revenir sur son personnage principal et ce en offrant une histoire digne du premier film de la franchise. On y retrouve un Flash McQueen au sommet de sa forme qui surfe sur les succès de la Piston Cup, jusqu’au jour où les jeunes loups au top de la technologie automobile viennent rouler des mécaniques sur les pistes. Témoin d’une transition générationnelle difficile, qui voit ses amis et rivaux quitter progressivement tous le monde de la course, notre héros est forcé de repousser toujours plus loin ses limites, jusqu’à la rupture, l’accident.

On assiste dans ce film à la déconstruction d’un Flash meurtri par son accident, mais surtout par son impuissance face aux nouvelles générations. Pas si loin d’un Ricky Bobby dans Talladega Nights, l’humour potache en moins, notre héros va devoir se retrouver au travers d’un entrainement particuliers avec un des nouveaux personnages, Cruz Ramirez, mais aussi plusieurs anciens issus de la génération de son mentor. Autant de témoignages et d’expériences qui vont mettre en place les thématiques du film, à savoir la remise en question, la progression sur soi ou même encore le renoncement.

Cars 3 gagne en profondeur par rapport au premier film, où son héros était déjà mis à mal à propos de son caractère propre. Ici, Brian Fee va encore plus loin dans l’attaque à l’égo et la fierté, ne se contentant pas d’installer une simple histoire de dépassement de soi et d’entrainement. Les bande-annonces semblaient nous montrer un mélange de Rocky Balboa ou encore de Creed sur sa construction, mais il n’en est au final rien, même si du côté de la nostalgie, ou encore de l’émotion que peut susciter un film sportif bien fait, on peut leur trouver des similitudes.

À plusieurs reprises l’histoire m’a pris aux tripes et les larmes ont coulé. Le film possède un cœur sincère, même si celui-ci ne manque clairement pas d’humour. Il est bien dosé, pas trop intrusif et servirait même peut-être au final à alléger un ensemble qui possède certains passages vraiment très puissant et à continuer de capter l’attention des plus jeunes. Je retiens notamment la scène de destruction derby, très rythmée et drôle, qui même si elle sert de leçon pour Flash apporte une petite bulle de fraîcheur dans un moment de fragilité du héros.

Mais Cars 3, c’est aussi la mise en avant de Cruz Ramirez dans un monde de la course sexiste au possible. La jeune technicienne de l’écurie fraîchement rachetée par un milliardaire, qui entraîne tout d’abord Flash, s’affirme au fur et à mesure que le scénario se déroule et trouve son dénouement dans une conclusion intelligente et fraîche. Ironiquement, ce serait aussi à mon sens le support au principal défaut du film, à savoir une conclusion aux ficelles peut-être un peu trop grosses pour réellement surprendre. Mais un défaut très rapidement oublié tant il est éclipsé par un ensemble faisant écho à la mythologie de Cars, où la boucle se boucle, où la larmichette coule.

À côté de tout cela, on assiste à une démonstration technique de la part de Pixar. Les scènes de course sont hallucinantes de réalismes et on sentirait presque l’odeur chaude du bitume quand les coureurs se font plaisir dessus. L’animation est hallucinante, la réalisation et le choix des plans font vibrer et même les passages plus calmes nous en collent plein les yeux.

Cars 2 avait attaqué mon amour du monde de Flash McQueen et c’est sur mes gardes que j’ai assisté à la séance du troisième. Mais la surprise fut au rendez-vous et, malgré quelques défauts dans une narration parfois un peu facile, je ne pouvais espérer mieux comme conclusion. Le film de Brian Fee est émouvant, drôle et fait rêver autant visuellement que scénaristiquement, tout en redorant le blason d’un héros qui avait un coup dans l’aile. A voir absolument pour tout amateur de film sur le sport, les autres ne seront pas en reste non plus.


Anthony : Très peu d’attente pour ce film vu le second volet bien lourd. La hype suite à la première bande-annonce de Cars 3 m’avait remis dans le droit chemin et franchement je ne regrette pas : c’est un bon divertissement bien plus mâture que le précédent ! 7/10

8/10

l'auteur

David

On dit souvent que les loutres, c'est cool. Et bien on a raison et même plus encore. David en est justement une, de celles qui aiment manger des kg de films d'animation et en parler par ici. On dit aussi qu'il le fait parce qu'il aime les coups de fouet d'Anthony, mais chut !

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