[Dossier] La jeune fille sans mains.

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Coralie vous a concocté un joli dossier sur La jeune fille sans mains avec :
Page 2 – La critique du long-métrage
Page 3 – L’interview de Sébastien Laudenbach, réalisateur

Critique du long-métrage

Réalisé avec une équipe et des moyens très limités, et adapté d’un obscur conte des frères Grimm, La jeune fille sans mains a été une vraie surprise. Le graphisme se marie parfaitement avec la forme du conte et la narration, qui m’a rappelé les contes sur cassettes que j’écoutais étant petite, nous emporte dès le début pour ne plus nous lâcher.

Sébastien Laudenbach, réalisateur

Pays : France
Année de production : 2016
Durée : 1H16
En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable. Protégée par sa pureté, elle lui échappe mais est privée de ses mains. Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l’eau, un doux jardinier et le prince en son château. Un long périple vers la lumière…

Les personnages, animaux et objets, sont tous dessinés avec de simples traits, légèrement mouvants, qui leurs confèrent parfois un aspect fantomatique. Les personnages sont également associés à une couleur, ce qui aide le spectateur à les identifier. La jeune fille, par exemple, est associée au bleu : ses traits le sont et elle peut en être auréolée, de manière plus ou moins marquée selon l’intensité des scènes. Ce style très économe, légèrement enfantin, doit en réalité être très complexe à réaliser. Il est difficile de rendre vivants et mobiles quelques traits, de donner cette notion de simplicité, de brut, qui souligne si bien la force, la beauté et la violence du conte.

Selon moi, il y a un moment en particulier qui cristallise cela, lorsque les scènes de guerre ne sont que silhouettes, traces ou vagues de rouge, toutes en lenteur et tellement captivantes. De même, la mort de la mère, sur laquelle se jettent des chiens dans un concert d’aboiements et de cris, est sublimée par la pureté du trait. Des instants clés comme la première nuit d’amour de la jeune fille ou son accouchement sont à la fois évoquées et sans équivoques. L’accouchement, plus particulièrement, est un moment intense, où la jeune fille est entourée d’aides, uniquement représentées par des mains autour de son corps nu.

Un moment qui transforme la bénédiction de ces serviteurs toujours là pour elle en une malédiction aussi handicapante que son absence de mains : on estime qu’elle n’est pas apte à s’occuper d’un nouveau-né et on le lui retire. La pauvre jeune fille est passée d’un maître à un autre, de son père à son prince, pour finalement n’être qu’une jolie chose seulement capable d’enfanter. C’est finalement une menace de mort qui pèse sur elle et son fils qui la pousse à s’émanciper et à devenir sa propre personne, capable de s’occuper d’un foyer et d’élever un enfant seule, mains ou non. Doit-on y voir un message sur le pouvoir de la maternité ?

Le dénouement la montre femme, avec un enfant déjà grand pouvant s’assumer seul, et une volonté farouche de vivre selon ses choix. Elle accepte de donner une seconde chance au prince, mais à ses conditions, pour ne plus redevenir une possession parmi d’autres. Une fin différente du conte, plus féministe, et plus fidèle à l’évolution du personnage. La jeune fille sans mains est un long-métrage très différent des adaptations de contes mainstream auquel le public est habitué, mais c’est une oeuvre réussie qui peut également toucher les enfants, pour peu que les parents se laissent convaincre de les emmener le voir au cinéma.

8/10

Interview de Sébastien Laudenbach, réalisateur

J’ai résisté aux tentations du marché local d’Annecy (diable, tous ces saucissons tentateurs !) pour retrouver Sébastien Laudenbach au cinéma indépendant Les Nemours. Je les remercie d’ailleurs de nous avoir laissé une salle le temps de l’interview : chacun son siège de cinéma, dans une salle vide, une ambiance intimiste parfaite pour cet entretien.

Pouvez-vous vous présenter pour les personnes qui vous découvrent cette année ?

Je m’appelle Sebastien Laudenbach, je suis réalisateur. J’ai fait plusieurs courts-métrages qui sont tous très différents, dont beaucoup ont été montrés ici depuis 1999. Je suis là pour présenter mon premier long-métrage, qui a été fait avec une économie de court-métrage et avec des techniques extrêmement simples. Pour moi c’est un court métrage long.

Je fais également d’autres choses, je suis enseignant aux Arts Décoratifs, je réponds à des films de commande et j’écris des scénarios.

Pourquoi commencer avec une adaptation d’un conte de Grimm, et celui-ci en particulier ?

C’est un projet qui a connu plusieurs étapes. La première commence en 2001 et c’est un producteur des films Pelléas, qui me propose d’adapter une pièce d’Olivier Py, « La jeune fille, le diable et le moulin ». Cette pièce étant est elle-même une adaptation du conte de Grimm. Le projet a été développé pendant sept ans, mais on n’a pas trouvé assez d’argent pour le mettre en production et il a été totalement abandonné.

Mais chez moi, cette histoire ne me quittait pas. La trajectoire de cette jeune fille me parlait, le fait qu’elle doive s’isoler pour se reconstituer, pour exister pleinement, plus justement, et notamment le fait qu’elle doive arrêter de confier sa vie aux autres et en particulier aux hommes qui l’entourent. Son père tout d’abord; puis le prince, qui indépendamment de leur éventuelle bienveillance ou de leur éventuel amour sont quand même des hommes qui la contraignent, ou en tous cas qui ne la regardent pas telle qu’elle est.

Une fois le projet original abandonné, je me suis dit que j’allais le faire en bande-dessinée, ou bien en prise de vue avec des comédiens. Et puis j’ai eu l’opportunité, grâce à ma femme qui a été pensionnaire à la Villa Médicis pendant un an et que j’ai suivi, d’avoir du temps devant moi, de l’espace, et ça sans problème d’argent. J’ai donc décidé de reprendre ce projet, mais de le faire tout seul, et j’ai mis à la poubelle tout ce qui a été fait les sept premières années.

Je suis parti du conte et de ses différentes versions, puisque je n’avais pas les droits d’adaptation de Py, mais aussi d’une petite adaptation que j’avais écrite pour le faire avec des comédiens. Et j’ai improvisé le film du premier plan jusqu’au dernier, directement sur papier.

Et ce style graphique, épuré, directement sur papier, c’est votre marque de fabrique ou vous l’avez imaginé spécialement pour La jeune fille sans mains ?

Le style graphique de ce film découle en fait de la pauvreté des moyens. À partir du moment où on est seul on ne va pas faire semblant d’être 40, et je ne voulais pas que ce soit l’œuvre d’une vie, je n’avais pas envie de passer 10 ans sur un film alors que j’en avais déjà passé sept à le développer. Mais j’avais besoin d’extérioriser cette histoire et de clore ce chapitre. J’ai donc décidé de le faire pour moi, et ça voulait dire prendre du plaisir à le réaliser et ne pas m’astreindre à faire des choses dont je n’avais pas envie.

Je voulais notamment aller vite, et le style graphique découle de cette vitesse puisque je m’étais fixé de produire 15 secondes d’animation définitive par jour, décors compris. C’est pour ça que je dis que c’est un film qui a été écrit avec des dessins, parce qu’il y a une sorte d’écriture automatique, comme une improvisation à partir du canevas du conte, comme un jazzman.

Mais ça ne vient pas de nulle part. Ça fait des années que je réfléchis sur l’animation et sur certains concepts, et notamment le concept d’animation limitée. Quand on pense à l’animation qui coûte trop cher, et qu’on se demande comment faire en sorte que ça coûte moins cher, le premier truc sur lequel on tire, c’est l’animation, c’est le mouvement : on fait des mouvements limités et soit il y a des saccades, soit c’est carrément des images fixes.

Et moi je voulais partir d’un autre postulat et je me disais « bah non je ne vais pas limiter le mouvement, je vais limiter le dessin ». Ça c’est fait petit à petit, mais en commençant le film de cette manière je savais, d’après une expérience sur un court métrage que j’avais fait dans le cadre d’une résidence, que ça allait partir dans cette direction. Et ma seule incertitude était de savoir si j’allais le réaliser sur papier au pinceau ou sur logiciel, et comme c’est plus simple et plus accessible pour moi d’avoir du papier, je l’ai fait sur papier.

Est-ce que ça n’a pas été très compliqué de mettre en scène certaines parties du conte ? Je pense par exemple à la guerre, ou quand la jeune fille se noie dans la rivière, des choses généralement denses visuellement au cinéma. Est-ce que ça a été plus dur ou au contraire plus simple à rendre avec cet aspect économique ?

C’est toujours le côté un peu pauvre du film qui donne la direction. L’expérience de la rivière, c’est une anecdote que je raconte souvent. Comme le film a été fait comme ça et qu’il a été improvisé du premier plan au dernier, quelques fois il est allé plus vite que moi. La rivière, c’est le moment où, dans le conte, un ange vient et fait un pont avec son corps pour que la jeune fille aille manger la poire de l’autre côté.

Quand je l’ai réécrit pour le faire en prise de vue continue, je ne voulais pas faire un truc d’ange parce que je voulais un film plus païen, voir plus paganique, et que ce personnage soit inscrit dans la nature. J’avais choisi un cerf à la place, mais le projet est redevenu un film d’animation et j’ai réalisé que c’était insensé de faire un cerf, trop compliqué à animer et je ne voulais pas me lancer là-dedans.

Donc la jeune fille arrive au bord de la rivière, et je ne sais pas ce qu’elle fait. Elle ne peut pas rejoindre l’autre rive, parce qu’elle ne peut pas manger la poire tout de suite, il faut que quelqu’un l’aide. Mais je ne sais pas qui, je ne sais pas quoi et je ne sais pas comment. Elle commence à traverser la rivière, je ne sais toujours pas ce qu’il se passe, alors je décide de la faire couler. Et c’est au moment où elle coule que je me dis « je vais faire une déesse de la rivière et elle va l’aider ». Cet épisode-là est symptomatique parce que tout le film et sa mise en scène sont construits ainsi. Donc je ne peux pas dire que ça a été compliqué, ça a été assez simple en fait et le film s’est écrit un peu de lui-même.

La guerre, c’est à la fois différent et un peu pareil. Je n’allais pas me mettre à animer des centaines de soldats et donc j’ai fait une guerre abstraite. C’est effectivement la pauvreté des moyens qui guide la mise en scène, et ça m’a appris que cette pauvreté créée un langage qui, je crois, est assez nouveau. Notamment dans cette respiration des personnages, dans le rapport à la couleur de chaque personnage, dans le fait qu’ils puissent abandonner leur couleur, qui est une espèce de fantôme ou d’âme.

Comme chaque personnage a sa couleur, ont-elles une signification propre ? Comment ont-elles été choisies ? Le bleu pour la pureté, l’eau… ?

Oui c’est un peu évident effectivement. La jeune fille est très liée au cycle de l’eau, qui n’est pas dans le conte mais qui est dans le film. Elle a été bleue assez vite. Au départ, le père changeait de couleur à partir du moment où il était phagocyté par le diable, mais je me suis rendu compte que c’était compliqué et qu’on risquait de ne pas reconnaître les personnages. J’ai décidé que le diable serait vert, qui est une couleur diablesque et maudite au théâtre, le prince pourpre… Toutes les couleurs vont un peu de soi en fait.

Le film est très proche de la nature des premiers contes de Grimm, non édulcoré, violent…

Il ne pardonne rien, voire, il révèle. Notamment toute la dimension sexuelle qui est présente dans les contes, mais elle y est cachée et métaphorique alors qu’elle est révélée dans le film. Il y a une histoire d’inceste dans le conte, et c’est repris au moment où l’arbre est abattu avec les personnages du père et de la jeune fille qui poussent des cris qui sont … évocateurs ?

La dimension corporelle a été importante pour moi. Corporelle dans tous ses aspects, à la fois le corps, le corps nu, le corps exposé, qui doit être pur ou impur, qui doit être lavé etc. Et puis il y a toutes les humeurs du corps, qui sont des choses qu’on ne voit pas souvent en animation. Évidemment, ces corps sont aussi incarnés par leur présence, par les bruitages et par les voix. La jeune fille par exemple est le personnage qui a le plus de présence vocale, pas forcément en termes de dialogues, mais en termes de respiration, de cris…

Le prince l’est beaucoup moins, le jardinier pas du tout, il n’a que des dialogues. Je savais dès le départ que je voulais travailler avec le corps de la jeune fille, parce qu’il y a cette idée de pureté dans le conte, et parce que la question des humeurs en animation m’intéresse. Je savais qu’elle allait faire pipi, qu’elle allait faire caca, qu’elle allait vomir. Je voulais qu’il y ait du sang…

Pourquoi la scène où elle vomit a été retirée du montage et pas les autres ?

Pour des questions rythmiques en fait. C’était au moment où elle traverse la forêt et c’était trop long, un peu ennuyeux. Elle buvait de l’eau un peu contaminée… J’avais été très influencé par un film qui s’appelle Essential Killing, de Jerzy Skolimowski, et l’errance de Vincent Gallo dans cette forêt. Dans le film, son personnage mange des baies, il est malade et a des hallucinations. Mais j’ai retiré le vomi et pas les autres parce que ce sont des éléments… Quand elle fait caca avec son petit garçon, c’est rigolo, c’est le seul moment un peu rigolo du film, donc je l’ai gardé. C’est un bonheur fécal.

Vous parliez des voix. En regardant le film ça m’a rappelé la tonalité des contes que j’écoutais petite sur cassette. Avez-vous travaillé spécifiquement avec les doubleurs pour obtenir ce résultat ?

C’est venu un peu de soi. Au départ il y a une pièce de théâtre qui est assez littéraire et un conte avec dialogues assez littéraires, non naturalistes. Donc quand j’ai écrit mes dialogues, je voulais garder cette littérature-là. Il me semble d’ailleurs que le film lui-même est assez littéraire dans son graphisme, les couleurs ne sont pas naturalistes, les personnages sont plus ou moins présents dans l’image et disparaissent… Et je voulais qu’il y ait une équivalence aux dialogues.

D’où cette écriture littéraire des dialogues qui a amené une diction, un peu blanche peut-être, après ça dépend des moments et des personnages. Je n’ai pas beaucoup dirigé les acteurs, ils ont été assez portés par le texte. Il y a peu de dialogues dans le film, mais ça ne m’étonne pas que ça vous fasse penser à quelque chose qui est lu. Le conte c’est aussi quelque chose qui est raconté au coin du feu.

J’ai lu une version du conte où la fin était différente, plus classique. Quelle signification donnez-vous à votre fin ?

Merci de cette question parce qu’elle est vraiment importante. Dans le conte, les mains de la jeune fille repoussent toutes seules avec le temps, grâce à son isolement. Il y a quelque chose d’assez fort dans cette version de Grimm, qui est lorsque le prince la retrouve au bout d’un certain nombre d’années, il ne la reconnaît pas parce qu’elle a changé, elle est elle-même en fait.

Il y a une métaphore dans le conte qui est qu’il est fatigué, s’endort, et la jeune fille dit à son enfant « met un mouchoir sur les yeux de ton père », et le mouchoir tombe comme un voile. J’ai un peu repris cette idée, au moment où il met des lunettes et dit qu’il voit enfin clair. Mais quand il la retrouve, contrairement au conte, j’ai remis du drame.

J’ai fait deux choses. La première c’est que je me suis situé du point de vue du personnage de la jeune fille en me disant « bon, la dernière information qu’elle a eu sur son prince c’est qu’il veut la tuer ». Sachant que ce prince est un doublon du père, c’est le même personnage, d’ailleurs elle le dit « une barbe, une hache, cet homme est ton père, il vient pour nous tuer ». La deuxième chose, c’est que j’ai fait revenir le diable. Je crois qu’on avait besoin qu’il revienne et que quelque chose se termine avec lui. De fait on n’a pas besoin de ces éléments-là au niveau de la métaphore, mais on en a besoin au niveau de la dramaturgie, du rythme, du côté scénaristique du film.

Il existe une version du conte dans laquelle il n’y a pas de diable : la jeune fille laisse tomber son enfant dans la rivière et un vieil homme lui dit « reprend ton enfant, reprend ton enfant » et elle répond « mais je n’ai pas de mains je ne peux pas y arriver », puis ses mains repoussent pour sauver son enfant. Dans le film il y a un peu de ça, puisque ses mains repoussent au moment où elle se défend contre ce qu’elle croit être un danger. Ses mains repoussent et elle prend la hache, qui est la hache qui les lui a coupées, ce qui me permettait de retomber sur mes pattes.

Et là, le producteur m’a dit « mais bon voilà elle est autonome, ce prince qui n’a pas été un si bon prince, qui n’a pas été si charmant, elle devrait le foutre dehors avec un coup de pied dans le cul ». Et moi je pensais « je ne crois pas, parce que le prince a changé, il revient aguerri, transformé, il voit clair, il comprend. Et ce n’est pas parce qu’on est une femme indépendante et autonome qu’on doit finir seule ». Elle doit choisir cet amour, plutôt que de le subir, lorsqu’ils se retrouvent.

Et là j’ai développé la scène de rencontre, qui n’était pas comme ça au début. Le prince y fait des comparaisons entre la jeune fille et son château. Il dit « « tu as les lèvres plus rouges que les raisins de ma vigne, tu as les cheveux plus clairs que le blé de mes champs… ». Au départ, la jeune fille fait partie des meubles, du château. Il est amoureux, fasciné, mais il la considère comme un bien. Mais à la fin du film, elle dit « non je ne veux pas retourner au château, je veux qu’on trouve notre propre maison », à l’inverse du conte où ils se marient une deuxième fois et repartent au château. C’est arrivé en cours de route mais c’était extrêmement important pour moi. Je suis très content de cette fin, je l’aime beaucoup.

Il y a une dimension féministe dans cette histoire, et le féminisme, pour moi, ce n’est pas l’exclusion des hommes. Ça peut aussi être l’amour choisi et la réciprocité. L’autonomie n’est pas synonyme de solitude, et ce n’est pas si courant, je crois, d’avoir ce discours quand on parle de féminisme

Le film sortira au cinéma, vous avez un distributeur ?

Oui tout à fait, il a un distributeur. Il a même été vendu aux États-Unis. Gkids l’a acheté, et il y a un très bon vendeur à l’international qui est Pyramide. Il vient aussi d’être acheté en Bosnie Herzégovine. Il sortira… on ne sait pas quand encore exactement. Je pousse beaucoup pour que ce soit début 2017, pour éviter Ma vie de courgette en octobre et Louise en hiver en novembre ou décembre…

On va essayer de ne pas répéter ce qui s’est passé l’année dernière, avec ce trio qui était sorti en même temps : Avril et le monde truqué, Phantom Boy et Adama. Ce sont les films plus faciles par rapport à certains publics. Nous c’est un film moins évident, qui a coûté très peu cher, mais qu’on sort pour le jeune public, ou plutôt pour la famille, jeune public compris.

Donc on va prendre le temps de bien préparer sa sortie parce que, comme vous le disiez, c’est un film qui n’édulcore pas Grimm, avec une certaine dose de cruauté. Les enfants sont réceptifs à ça, ce sont des êtres assez cruels, comme les adultes d’ailleurs. Il y a des parts d’ombre dans le film, des choses qu’on ne comprend pas, même les adultes ne comprennent pas, même moi d’ailleurs il y a des choses que je ne comprends pas. Et c’est vraiment important pour les enfants, parce que c’est un monde qu’ils ne comprennent pas de toute façon.

On l’a montré à un public d’enfants qui a été très attentif, très réceptif au film. Je trouve que c’est un vrai pari de le sortir pour les enfants. C’est un pari dans les deux sens, parce que c’est un pari pour les enfants de venir voir ce film, surtout pour leurs parents. C’est un film qui suscite beaucoup de questionnement de la part des enfants, et beaucoup d’intérêt.

Vous visez les grandes salles ? A priori on se dit qu’il sera plutôt dans le circuit art et essai, qui touche beaucoup moins de public, encore moins les enfants…

Oui c’est un film art et essai, c’est un film d’auteur. C’est un film pour un public averti. Comme je le dis souvent, c’est un film pour les enfants qui n’ont pas froid aux yeux. C’est un film pour les parents qui n’ont pas froid aux yeux ! C’est pour ça qu’il y a un bon travail de préparation à faire, de partenariat avec une certaine presse aussi. On est train de travailler ça.

l'auteur

Coralie

Née à l’heure des contes et baptisée par le Père Noël, je n’ai jamais perdu mon amour des bonnes histoires et de l’imaginaire. Sûrement atteinte du syndrome de Peter Pan, je suis passionnée par l’animation, la bande-dessinée et les contes & légendes. Un jour j’épouserai Zorro et nous élèverons des Pokémons dans notre château sous la mer.

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