[WIP] Godzilla : Planet of the Monsters.

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Après deux saisons de Knights of Sidonia, d’Ajin et le long-métrage Blame! le studio d’animation 3D japonais Polygon Pictures a su trouver ses marques dans un pays où l’animation traditionnelle reste extrêmement populaire. Armée d’un partenariat avec Netflix, c’est grâce au producteur de la TOHO Yoshihiro Furusawa (Your Name) que le lien a été fait, permettant une synergie qui va donner naissance au premier long-métrage d’animation mettant en scène le roi des monstres !

Hiroyuki Seshita et Kobun Shizuno, réalisateurs

Pays : Japon
Sortie prévue en novembre 2017 au Japon
En l’an 2054, Godzilla anéantit la Terre, infligeant ainsi une défaite complète au genre humain. Des gens montent à bord d’un vaisseau spatial ultra rapide, abandonnant la planète et ses survivants, pour entreprendre un long et rude exode de 20 ans dans l’espace. Les survivants qui errent commencent à envisager le fait de retourner sur la Terre.

Le souci de faire le suivi de Godzilla : Planet of the Monsters sur Focus on animation, c’est que l’on passe pas mal de temps à rechercher des informations sur Internet. Ça rend automatiquement très attractif l’annonce d’un Work in Progress à Annecy, d’autant que le binôme de réalisateurs que sont Kobun Shizuno et Hiroyuki Seshita ont fait le déplacement pour nous parler ce cette étape majeure dans la série de films initiée par Hishiro Honda en 1954.

Après que la musique désormais mythique d’Akira Ifukube nous a fait attendre, Dimitri Granovsky nous a introduit le duo, appuyé par leur producteur Yoshihiro Furusawa ainsi qu’Akira Yamaguchi aux commandes de la traduction depuis le japonais. Yoshihiro Furusawa revient rapidement sur l’historique du personnage emblématique des kaijū eiga (trente films, deux tentatives américaines dont la dernière en cours chez Legendary Entertainement…) avant de laisser la place à une featurette sous-titrée en anglais qui avait déjà fait son apparition sur la toile il y a quelques temps.

Les déclarations de Kobun et Seishita restent toutefois très policées dès que l’on touche de trop près aux aspects de l’intrigue de ce nouvel univers qui, après 20 ans d’errance dans l’espace, voit l’humanité ayant fui le monstre revenir sur la Terre. Hélas, notre bonne vieille planète bleue ne nous appartient plus, dominée depuis 20.000 ans par Godzilla, sa faune et sa flore ayant radicalement changé sous l’impulsion du kaiju.

Un casting qui frôle le boys band.

Le duo est tout de même revenu sur les différents personnages qui vont peupler le script écrit par Gen Urobuchi.

De gauche à droite : Haruo Sakaki, Martin Lazzari, Metphies, Yuko Tani, Adam Bindewald et Mulu-Elu Galu-gu.

Haruo Sakaki semble être le héros de l’histoire. Plein de rancœur, c’est lui qui amorce le retour de l’humanité vers la Terre. Sa haine pour Godzilla n’a pas d’égale, motivé par la mort de ses parents sous les pas du monstre alors qu’il n’était âgé que de quatre ans. Il est doublé par Mamoru Miyano.

Martin Lazzari, d’ascendance italienne, est le scientifique du groupe, et va étudier les habitants de cette nouvelle Terre qui s’offre à l’humanité. Les réalisateurs l’ont qualifié de “beau gosse du groupe”. Il est doublé par  Tomokazu Sugita.

Metphies est l’une des nouveautés de Godzilla : Planet of the Monsters, puisqu’il est un extra-terrestre humanoïde et fait également partie d’un culte religieux dont les racines pourraient être liées aux monstres géants. Seul personnage ne portant pas de combinaison futuriste, on suspecte qu’il pourrait remplir une tâche similaire à celle des Shobijins dans l’univers classique de Godzilla… mais cela induirait que le film, d’une manière ou d’une autre, verrait le retour de Mothra. Qui sait ? Rien de plus n’a pu être tiré des bouches des participants, spoilers obligent. Metphies est doublé par Takahiro Sakurai.

Yuko Tani, seule fille du groupe, n’a pas eu droit à beaucoup de révélations. Certes considérée comme “mignonne” par nos réalisateurs, l’arme qu’elle porte semble la faire tomber dans la catégorie badass et non pas demoiselle en détresse. Il n’y a plus qu’à espérer… Elle est doublée par Kana Hanazawa.

Adam Bindewald est allemand, à n’en pas douter. Sa spécialité est la technologie, et il sera à l’origine d’armes bien utiles pour combattre les habitants de cette nouvelle Terre. Le reste étant encore une fois potentiellement trop révélateur, nous n’en sauront pas plus.  Adam est doublé par Yuuki Kaji.

Mulu-Elu Galu-gu est également un extra-terrestre, dont la race semble déjà avoir croisé son lot de monstre géant. Sa présence à bord de l’Aratrum n’est pour l’instant pas justifiée, mais le fait qu’il porte la combinaison des humains est un détail révélateur de son inclusion au sein de l’équipage. Il est doublé par Junichi Suwabe.

Un peu de science-fiction dans mon Godzilla, s’il vous  plait ?

Polygon Pictures, spécialisé dans les univers de science-fiction, évite ici de parler de post-humanisme (un sujet qui hantait les adaptations des livres de Nihei, plus rôdé à l’exercice) et renverse la tendance, s’approchant plus d’un mélange d’Avatar et de la Planète des singes en faisant découvrir à une humanité vagabonde le retour à la Terre, un sujet que Gen Urobuchi avait déjà traité dans Gargantia, où un jeune soldat d’une humanité futuriste en guerre totale retrouvait une Terre perdue par des siècles d’errance.

Ce qui reste de ces collaborations, c’est ce goût pour une forme de décrépitude futuriste, une technologie épuisée par des années de voyage et qui commence à décrépir, quelque chose directement tiré des explorations graphiques de Nihei et que le studio a embrassé, ce qui lui a permis de donner à ses images une certaine texture, un sens des décors qui semblent fatigués et que l’on retrouve à nouveau dans les quelques images de ce Godzilla : Planet of the Monsters.

Il reste une grande inconnue dans tout cela, un défi esthétique à la mesure des ambitions du studio : présenter pour la première fois des décors naturels satisfaisants, bien qu’étrangers puisque la Terre aura été conditionnée par l’absence humaine.

Il reste à voir comment tout cela va s’articuler au sein de l’histoire, sachant que Gen Urobuchi est relativement connu pour explorer la part d’ombre des personnages qu’il écrit jusqu’à les faire mourir de manière aussi gore que surprenante, au point où il a hérité du surnom “Urobutcher” chez ses fans. Aura-t-on droit à ça dans ce premier long-métrage ? Y aura-t-il tout de même de la place pour un fond politique ? Nous ne pouvons que patienter.

Godzilla : No spoiler Planet

Au final, ce Work in Progress aura été relativement avare en révélations, et alors que l’on pouvait s’attendre à un premier teaser ou à un montage d’images animées finalisées, il n’en fut rien. Il y a des chances que cet honneur soit réservé au public japonais lors d’une prochaine convention, puisque le pays réserve également une sortie cinéma au film, là où le reste du monde devra se contenter de son écran, chez soi, via Netflix.

Il est temps pour moi de retomber dans un demi-sommeil, guettant les prochaines nouvelles sur Godzilla : Planet of the Monsters, même si l’actualité concernant Polygon Pictures s’est réchauffée un peu avec le festival puisque Seshita a annoncé peu avant la séance événement de Blame! que ce dernier aurait une suite et que la série Knights of Sidonia aura bien droit à une troisième saison… À bientôt sur Focus on animation !

Une carte qui reprend la timeline menant à Godzilla : Planet of the Monsters (via le twitter du fan japonais @john_sidonia)

l'auteur

Nicolas

Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d'animations. Adore fureter sur l'internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr.

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