[Critique]Dragons 2.

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Difficile d’appréhender le nouveau long-métrage des écuries de Jeffrey Katzenberg : il est attendu pour des raisons aussi personnelles que commerciales par tant de monde, que je me trouve ici dans une position délicate pour vous présenter cet objet, sorti dans les salles françaises le 2 juillet dernier.

Dean DeBlois, réalisateur

Pays : USA
Année de production : 2014
Durée : 1h43
Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix et vont se battre pour défendre leurs valeurs et préserver le destin des hommes et des dragons.

De grandes espérances…

Et plus encore après les échecs critiques et publics de ses prédécesseurs, un poids énorme repose sur les épaules certes larges de Dean DeBlois, qui mène ici sa monumentale barque en solitaire, pour nous raconter la suite des aventures de Harold et Krokmou.

Le réalisateur canadien pose dès le début du métrage une mise en scène d’une souplesse incroyable, presque éclipsée par les chocs successifs que le spectateur se fait administrer.  Nous connaissions déjà le nouveau logiciel de rendu depuis Les Croods, mais il est associé ici à de nouveaux outils qui ont fait la joie des animateurs, tant ceux-ci ont rempli le cadre de choses à voir en plus des performances habituelles !

L’orgie visuelle est permanente et les évolutions esthétiques, qu’elles soient au niveau des personnages (leurs nouveaux designs sont très réussis), que des environnements (je vous laisse la surprise), sont bluffantes. D’autant plus avec cet aspect naturel de la lumière, toujours impressionnant, tout en étant raccord avec le souvenir qui restait du premier film.

Mais assez glosé sur le visuel, car si la suite de Dragons possède une carrosserie du plus bel effet, le moteur reste à étudier. Cinq ans ont passé depuis le premier film et Harold explore désormais le monde au-delà de Beurk grâce à Krokmou et croise de nouveaux protagonistes, depuis sa mère Valka, devenue une protectrice des dragons, à Drago Poing-Sanglant, leader d’une armée qui ne compte pas que des humains dans ses rangs…

Narrativement, il est difficile de juger le film sur sa première vision tant la gestion du temps se fait au cordeau. Les péripéties s’enchaînent à un rythme soutenu, que ce soit au niveau des relations entre les personnages, ou celui de la “grande histoire” et de son méchant. On ressort de la séance lessivé par ce récit d’un aller et retour certes classique, mais fort en symboles.

En y repensant, c’est presque à regret que le film ne prenne parfois pas un plus son temps pour explorer un univers que l’on a l’impression que d’effleurer des yeux. Du coup, c’est à se demander si le studio n’a pas fait pression sur DeBlois dans l’obtention d’un montage en dessous des deux heures, afin de maximiser son exploitation en salles. Quand le commercial fait pression sur l’artistique, c’est une longue histoire à Hollywood…

Mais ne vous méprenez pas ! Malgré ces considérations d’après visionnage, on reste en présence d’un film d’animation clairement supérieur, dont le statut de pure œuvre issue d’une équipe d’expérimentée se dispute en permanence au fait d’être un produit de divertissement accessible à tous, deux territoires qui ne sont pas mutuellement exclusif et qui donnent parfois des merveilles.

Certaines séquences sont d’ailleurs somptueuses et l’on ne peut nier les risques que prend le réalisateur dans la structure de son histoire : deux personnages sont souvent cités avant même leurs apparitions toutes deux impressionnantes et la suite des évènements les implémentent naturellement dans le cours de l’action sans que ça ne paraisse forcé. Et tant d’autres images viennent à l’esprit que c’est à se demander si la concurrence technique des séquences entre elles ne finit pas par produire une sorte de trop plein, à la manière de ce que peut ressentir un enfant trop gâté le matin de Noël.

Il reste que l’étendue du talent de Dean DeBlois n’est plus à prouver, tant ce dernier s’affranchit d’un grand nombre de poncifs de mise en scène des films animés occidentaux en apposant sa marque distinctive (que certains connaissent peut-être déjà s’ils ont vu Go Quiet) à un produit de studio qui n’en demandait peut-être pas tant.

Avec un Dragons 3 déjà marqué sur le calendrier, on peut d’ailleurs noter qu’un certain nombre d’arcs narratifs restent en suspens afin d’avoir de quoi raccrocher les wagons d’une histoire qui, on l’espère, prendra toute son envergure avec le potentiel dernier épisode. Ce qui permettra de juger l’histoire dans son ensemble et ainsi estimer plus précisément l’efficacité du présent film en tant que deuxième chapitre.

Je reste convaincu d’avoir vu quelque chose d’impressionnant sur l’écran de la salle des Haras, mais formuler plus avant ce que vous venez de lire me demandera deux choses qui me manquent encore : un revisionnage et du temps. Beaucoup plus de temps, afin d’aborder le film de manière moins passionnée, en dehors de la joie festivalière.

Mais je peux vous garantir une chose. Il est nécessaire de voir le film sur un écran de cinéma. Sa qualité justifie largement le prix de votre ticket, au moins pour un bon spectacle estival, au mieux pour une histoire qu’une partie des jeunes générations considérera comme leur Empire contre-attaque.

 

l'auteur

Nicolas

Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d'animations. Adore fureter sur l'internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr.

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