[Critique] Hana et Alice mènent l’enquête

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Hana et Alice mènent l’enquête est le premier long-métrage d’animation de Shunji Iwai, un réalisateur qui a fait ses armes avec des films en prise de vue réelle. Une particularité qui se ressent dans le film, où l’on note plusieurs plans très “live” rarement utilisés en animation, et notamment pendant les séquences de leçons de danse.

Shunji Iwai, portrait
Shunji Iwai, réalisateur
Pays : Japon
Année de production : 2015
Durée : 1H40
Alice intègre un nouveau collège où circule une étrange rumeur concernant un meurtre commis un an plus tôt. La victime est un mystérieux “Judas”. Une de ses camarades de classe et voisine, Hana, vit recluse chez elle. De nombreux commérages courent à son sujet, notamment le fait qu’elle connaîtrait des détails à propos de l’affaire “Judas”. Un jour, Alice pénètre secrètement dans la maison de Hana mais celle-ci l’y attend déjà. Pourquoi Hana vit-elle isolée du monde ? Qui est Judas ? Alice décide de mener l’enquête et se lance dans une aventure qui lui fera découvrir une amitié sincère.

Il s’agit d’ailleurs d’une préquelle à Hana et Alice, l’un de ses films sorti en 2004 au Japon, et qui suit les aventures des deux héroïnes au lycée. Le réalisateur souhaitait travailler avec les mêmes actrices pour ce nouveau projet, ce qui explique le choix de l’animation, ces dernières ne pouvant plus tenir le rôle de collégiennes 10 ans après, mais pouvant tout à fait prêter leur voix aux personnages.

Il est assez évident, à la vision du film, que les artistes qui y ont travaillé n’étaient pas tous de vrais animateurs. L’animation est parfois lente, avec une économie de mouvement associée à des personnages aux postures “figées”, qui semblent marcher dans la rue mais sans que leurs pieds ne donnent vraiment l’impression de toucher le sol. Les personnages et leurs visages sont tout particulièrement simples, et témoignent de l’utilisation de la rotoscopie pour la réalisation. On note également quelques incrustations 3D peu discrètes, mais surtout l’usage de fonds peints très jolis, avec des touches de couleurs rouges ou bleues qui donnent un style très agréable à l’oeil.

La force du film tient clairement à son écriture, et à la présence inattendue de beaucoup d’éléments humoristiques. Nous avons ainsi deux temps dans le scénario : la première partie du film suit l’intégration d’Alice dans sa nouvelle école, et la seconde se concentre davantage sur Hana et l’enquête. Cette coupure permet de retrouver tous les codes du milieu scolaire dans l’imaginaire japonais (reine de la classe, malédiction, harcèlement…) puis de se laisser entraîner dans une enquête pas comme les autres. J’ai beaucoup ri pendant la filature, où Hana suit Alice qui suit le père du garçon qui est supposé mort, sauf que ce n’est pas la bonne personne qui est prise en chasse… Vous suivez ?

C’est aussi pendant cette seconde partie que les deux jeunes filles vont se lier d’amitié, Alice aidant Hana à sortir de sa réclusion. Une relation qui sonne très juste, où elles se tapent sur les nerfs avant de s’apprivoiser l’une l’autre, et de sceller leur amitié sur un énorme malentendu : Alice courant à travers la ville pour sauver Hana qu’elle croit coincée sous un camion, entraînant toute une foule paniquée à sa suite. Un moment à la fois drôle et émouvant.

Hana et Alice mènent l’enquête m’a beaucoup plu, même si j’ai toujours autant de mal avec la propension des doubleurs japonais à “crier” en guise de réaction sur à peu près tout, de l’étonnement à la colère en passant par la joie. Les amateurs de japanime apprécieront également, cette réserve mise à part. En revanche, les personnes qui n’aiment pas le style graphique de l’animation japonaise et ne sont pas particulièrement sensibles à leurs codes d’écriture risquent de rester assez hermétiques à l’histoire. Je leur conseillerai tout de même de voir le film, qui possède suffisamment d’humour et d’éléments classiques pour séduire un public plus large.

l'auteur

Coralie

Née à l’heure des contes et baptisée par le Père Noël, je n’ai jamais perdu mon amour des bonnes histoires et de l’imaginaire. Sûrement atteinte du syndrome de Peter Pan, je suis passionnée par l’animation, la bande-dessinée et les contes & légendes. Un jour j’épouserai Zorro et nous élèverons des Pokémons dans notre château sous la mer.

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