[Critique] La tour.

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La tour (The tower pour la version internationale) est le film le plus dur que j’ai pu voir lors de cette édition 2018. Son propos est très lourd puisqu’il raconte l’histoire de Wardi, jeune palestinienne de onze ans, qui se voit remettre une clé qui ouvre la porte de son ancienne maison en Galilée par son arrière-grand-père. Ancienne parce que toute la famille a été déportée de la Palestine lors de l’exode massif de 1948, aussi appelé Nakba (qui veut dire désastre ou catastrophe en arabe). Cette clé symbolise donc l’espoir d’un retour “à la maison”. Malheureusement, depuis cette année la situation, qui paraît insoluble, s’éternise. Sidi, l’arrière-grand-père, donne la clé à Wardi parce qu’il a perdu espoir…

Mats Grorud, réalisateur

Pays : France, Norvège, Suède
Année de production : 2018
Date de sortie France : non programmée
Wardi, une petite Palestinienne de onze ans, vit dans un camp de réfugiés où elle est née. Lorsque son arrière-grand-père Sidi lui donne la clé de sa vieille maison de Galilée, elle craint qu’il n’ait perdu l’espoir de retourner un jour chez lui.

Il est clair que ce scénario n’est pas à mettre entre toutes les mains vu qu’il est à destination des adultes. Non seulement il aborde des thèmes très lourds (exil, pauvreté, lutte, mort) mais j’en veux aussi pour preuve pendant les premières minutes du film un personnage secondaire nous annonce que si Sidi a perdu espoir c’est qu’il “va mourir dans la semaine”. Le ton est donné ! Devant la détresse de son arrière-grand-père, la jeune fille va se mettre à la recherche de cet espoir en grimpant les nombreux étages de la tour, lieux ou vivent tous les membres de sa famille. Tour à tour (sans mauvais jeu de mots), des membres de sa famille lui raconteront des souvenirs de son pays natal. La tour, en tant que lieu de vie, est une excellente métaphore qui va servir à la jeune Wardi à comprendre le passé de sa famille et à accéder au sommet jusqu’à trouver la paix intérieure et le courage de se battre avec ses propres armes, ses études.

Le film est découpé en deux parties très distinctes : le présent avec la stop motion d’une très belle qualité et de l’autre le passé avec de la 2D. Comme une image vaut mieux que mille mots, vous trouverez la bande-annonce en fin de cette page.

Il y a deux choses qui me dérangent dans ce film de Mats Grorud. La première c’est qu’il est engagé politiquement. Cela n’est pas explicitement raconté dans le long-métrage mais le parti pris graphique pour le camp opposé ne laisse que peu de doutes quant à la position politique du réalisateur dans ce conflit. Les personnages sont dessinés de manière bien plus hargneuse, toujours prêts à tirer sur tout ce qui bouge au loin, c’est un point de vue à contrebalancer avec un autre film de la sélection en compétition, Le mur, où des informations nous sont données sur “l’autre côté”.

Du coup, on a l’impression que le film tente de nous influencer, alors que, je pense, c’est juste une façon comme une autre pour l’auteur de raconter ce qu’il a vécu pendant un an dans ce camp : “J’ai vécu un an dans ce camp et j’ai fait ce film comme un grand remerciement à ceux que j’ai connus là-bas. Ils y sont depuis 70 ans et c’est difficile de vivre une vie où la seule perspective est de juste voir ses proches mourir à petit feu chaque jour”, raconte t-il à Cineuropa. La seconde chose qui m’a dérangé est beaucoup plus problématique : le film souffre énormément de longueurs qui font décrocher le spectateur. C’est dommage, cela dessert le propos alors que de courtes séquences auraient été bien plus percutantes !


Mon avis en bref :

Un film difficile à ne pas mettre entre toutes les mains…


Difficile de savoir comment aborder La tour. En ayant que peu d’informations à son sujet, je suis ressorti de la projection sans savoir exactement ce que j’avais vu… Un message politique ou une façon de raconter comment vivent ces réfugiés, encore aujourd’hui ? Un peu des deux, certainement. En tout cas, je suis curieux de voir quel parcours le film va avoir tout autour de la planète.

l'auteur

Anthony

Créateur et rédacteur en chef du site. Passionné de cinéma d'animation depuis ma tendre enfance, j'ai monté le site afin de partager à un maximum de personnes mes découvertes.

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