[Critique] Louise en Hiver

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Jean-François Laguionie est incontestablement une figure de l’animation française, avec à son actif pas moins de huit courts et cinq longs-métrages, dont l’excellent Le Tableau. Inutile de dire qu’il y a quelques années, quand a été annoncé que ce proche de Paul Grimault sortait un nouveau film, l’attente ne s’est pas du tout faite sentir ! Parlons donc de Louise en hiver, qui a bénéficié d’une séance événement.

Jean-François Laguionie, réalisateur.

Pays : France, Canada
Année de production : 2016
Durée : 1H15

A la fin de l’été, Louise voit le dernier train de la saison, qui dessert la petite station balnéaire de Biligen, partir sans elle. La ville est désertée. Le temps rapidement se dégrade, les grandes marées d’équinoxe surviennent condamnant maintenant électricité et moyens de communication. Fragile et coquette, bien moins armée que Robinson, Louise ne devrait pas survivre à l’hiver. Mais elle n’a pas peur et considère son abandon comme un pari. Elle va apprivoiser les éléments naturels et la solitude. Ses souvenirs profitent de l’occasion pour s’inviter dans l’aventure. Jusqu’à ce qu’une explication lui soit révélée et que tout rentre dans l’ordre.

Les premières images et crayonnés qui avaient été présentés lors du Cartoon Movie 2013 nous donnaient l’avant-goût d’un film visuellement magnifique, d’où se dégageait une poésie certaine, allant de pair avec son sujet. Une mise en bouche on ne peut plus juste, tant le métrage tient ses promesses sur cet aspect.

En effet, Louise en hiver est indiscutablement beau et possède une touche, un charme, qu’on ne voit que rarement. Avec ces personnages animés numériquement qui évoluent dans des décors peint à la gouache et des touches de fusain, on a l’impression d’admirer un tableau de musée dans lequel ses personnages prennent vie. Ce qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs le précédent film du réalisateur. C’est un vrai plaisir à regarder et il est facile de se laisser porter.

Au-delà de la forme, la promesse est aussi tenue par le fond, en partie. Avec son personnage fort en caractère de Louise, dont l’histoire est adaptée d’une nouvelle écrite il y a près de trente ans, Jean-François Laguionie touche à des sujets sensibles comme la solitude et l’oubli, mais aussi la maladie. C’est profond, touchant et la prestation vocale de Dominique Frot est magnifique, collant parfaitement à une Louise qui va survivre sur sa plage bretonne en plein hiver.

On s’amuse devant le comportement et les anecdotes de cette petite grand-mère, et aussi régulièrement touché par ses souvenirs ou les difficultés qu’elle rencontre, voir même un peu fier devant la débrouillardise dont elle fait preuve. Le réalisateur nous fait passer un message sur le temps, sur le vieillissement et par moment, il ne manque pas de faire preuve d’une très bonne mise en scène pour véhiculer tout cela.

Mais voilà, cette tranche de vie qui nous est contée peine à tenir son spectateur attentif tout du long. Les différentes étapes du séjour de Louise au travers de cet hiver, ponctuées de flash-back servant à approfondir le personnage, sont une succession de temps forts assez courts entrecoupés de passages très lents. Une lenteur agréable et reposante au premier abord, qui flirte ensuite avec l’ennui et une envie presque pressante de savoir où sont sensés nous mener tous ces cailloux qui ont été posés.

De mon côté, le rythme étrange de cette tranche de vie et la sensation d’avoir reçu de bien trop maigres bases pour me donner envie de pousser plus loin la réflexion m’ont donné un sentiment d’inachevé peu agréable, qui vient immanquablement ternir mon ressenti sur un film ayant pourtant un gros potentiel.

 

Louise en hiver, de par son sujet et sa forme, s’annonçait absolument magnifique. Et dans un sens, c’est effectivement le cas. Malheureusement, après l’émerveillement de la première partie du film, suit assez rapidement une légère lassitude devant cette tranche de vie lente qui pose des questions sans trop y répondre. Une petite déception, il faut bien l’avouer.

l'auteur

David

On dit souvent que les loutres, c'est cool. Et bien on a raison et même plus encore. David en est justement une, de celles qui aiment manger des kg de films d'animation et en parler par ici. On dit aussi qu'il le fait parce qu'il aime les coups de fouet d'Anthony, mais chut !

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