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3 ans après le Garçon et la Bête, le grand Mamoru Hosoda est de retour au cinéma avec son nouveau métrage Mirai, ma petite sœur, qui est présenté en compétition lors de cette nouvelle édition du festival d’Annecy.

Mamoru Hosoda, réalisateur.

Pays : Japon
Année de production : 2018
Durée : 1H37
Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. À travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire.

Mirai, ma petite soeur, nous raconte l’histoire de Kun, un jeune garçon de 4 ans qui vit seul avec ses deux parents et son chien. La vie est belle, pleine de jeux, d’attention et de câlins… quand tout à coup arrive une petite soeur qui va bouleverser sa vie.

Au travers de ses derniers films, de l’excellent Summer Wars au sympathique le Garçon et la Bête, Mamoru Hosoda explore une thématique principale basée sur la Famille, abordant différents aspects comme le respect, le soutien, les conflits ou encore l’amour. Ici, par le regard d’enfant de Kun et l’arrivée de sa petite soeur, le réalisateur plonge au coeur de l’action pour nous en montrer les fondations. Kun est bouleversé par l’arrivée de Mirai et ne trouve plus sa place au sein de son propre foyer, ce qui risque de parler à tout enfant non unique. Enfant joyeux et joueur, il devient colérique, triste et en vient à rejeter non seulement sa petite soeur, mais aussi ses parents qui ne le comprennent pas.

C’est là que la magie de Mamoru Hosoda opère, par le biais d’une succession de scénettes qui vont déconstruire la vision faussée de Kun sur ce que devient sa vie et ainsi le faire grandir, accepter. Jonglant du réel à l’onirique, toujours en appuyant sur un des aspects problématiques de la vie du jeune garçon et en faisant le parallèle avec des éléments de son histoire familiale, ces tranches de vie montrant le quotidien d’une famille japonaise moderne nappées d’une couche fantastique regorgent d’idées plus malignes les unes que les autres.

Tantôt à dimension comique, comme l’illustration de sa relation avec le chien (qui est clairement mon personnage favori), tantôt débordant d’émotion et de beauté, à l’instar d’une fenêtre concernant son grand-père, Mirai, ma petite soeur sait appuyer là où il le faut avec une très grande justesse et stimuler les glandes lacrymales à de maintes reprises.

Une très bonne exécution donc, associée à un excellent rythme dans la narration qui font passer très rapidement un visionnage qui fait pourtant près de deux heures, et le tout agrémenté d’une ambiance visuelle à couper le souffle. Mamoru Hosoda a clairement un don pour illustrer son monde, en mêlant Japon traditionnel et modernité avec ces séquences fantasmées qui ne manqueront pas de vous émerveiller.

Malheureusement, le tableau n’est pas dénué d’un peu d’ombre. Même si le film est très touchant et semble être des plus personnels au réalisateur, je lui trouve un manque d’enjeu global qui l’empêche de s’élever au rang de ses prédécesseurs, ainsi que quelques raccourcis scénaristiques qui font arriver un peu brusquement et facilement certains aspects de l’histoire.

Qu’on ne se méprenne pas, Mirai, ma petite soeur est un très bon film et il m’a fait rêver et rigoler autant qu’il m’a ému. En s’appuyant sur le sujet de l’acceptation d’un changement de vie d’un jeune enfant, Mamoru Hosoda montre qu’il sait nous raconter des histoires, de la plus complexe comme dans ses précédents films, à la plus simple et la plus mignonne comme avec celui-ci.

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3 ans après le Garçon et la Bête, le grand Mamoru Hosoda est de retour au cinéma avec son nouveau métrage Mirai, ma petite sœur, qui est présenté en compétition lors de cette nouvelle édition du festival d’Annecy.

Mamoru Hosoda, réalisateur.

Pays : Japon
Année de production : 2018
Durée : 1H37
Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. À travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire.

Mirai, ma petite soeur, nous raconte l’histoire de Kun, un jeune garçon de 4 ans qui vit seul avec ses deux parents et son chien. La vie est belle, pleine de jeux, d’attention et de câlins… quand tout à coup arrive une petite soeur qui va bouleverser sa vie.

Au travers de ses derniers films, de l’excellent Summer Wars au sympathique le Garçon et la Bête, Mamoru Hosoda explore une thématique principale basée sur la Famille, abordant différents aspects comme le respect, le soutien, les conflits ou encore l’amour. Ici, par le regard d’enfant de Kun et l’arrivée de sa petite soeur, le réalisateur plonge au coeur de l’action pour nous en montrer les fondations. Kun est bouleversé par l’arrivée de Mirai et ne trouve plus sa place au sein de son propre foyer, ce qui risque de parler à tout enfant non unique. Enfant joyeux et joueur, il devient colérique, triste et en vient à rejeter non seulement sa petite soeur, mais aussi ses parents qui ne le comprennent pas.

C’est là que la magie de Mamoru Hosoda opère, par le biais d’une succession de scénettes qui vont déconstruire la vision faussée de Kun sur ce que devient sa vie et ainsi le faire grandir, accepter. Jonglant du réel à l’onirique, toujours en appuyant sur un des aspects problématiques de la vie du jeune garçon et en faisant le parallèle avec des éléments de son histoire familiale, ces tranches de vie montrant le quotidien d’une famille japonaise moderne nappées d’une couche fantastique regorgent d’idées plus malignes les unes que les autres.

Tantôt à dimension comique, comme l’illustration de sa relation avec le chien (qui est clairement mon personnage favori), tantôt débordant d’émotion et de beauté, à l’instar d’une fenêtre concernant son grand-père, Mirai, ma petite soeur sait appuyer là où il le faut avec une très grande justesse et stimuler les glandes lacrymales à de maintes reprises.

Une très bonne exécution donc, associée à un excellent rythme dans la narration qui font passer très rapidement un visionnage qui fait pourtant près de deux heures, et le tout agrémenté d’une ambiance visuelle à couper le souffle. Mamoru Hosoda a clairement un don pour illustrer son monde, en mêlant Japon traditionnel et modernité avec ces séquences fantasmées qui ne manqueront pas de vous émerveiller.

Malheureusement, le tableau n’est pas dénué d’un peu d’ombre. Même si le film est très touchant et semble être des plus personnels au réalisateur, je lui trouve un manque d’enjeu global qui l’empêche de s’élever au rang de ses prédécesseurs, ainsi que quelques raccourcis scénaristiques qui font arriver un peu brusquement et facilement certains aspects de l’histoire.

Qu’on ne se méprenne pas, Mirai, ma petite soeur est un très bon film et il m’a fait rêver et rigoler autant qu’il m’a ému. En s’appuyant sur le sujet de l’acceptation d’un changement de vie d’un jeune enfant, Mamoru Hosoda montre qu’il sait nous raconter des histoires, de la plus complexe comme dans ses précédents films, à la plus simple et la plus mignonne comme avec celui-ci.

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