[Critique] Nuts!

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Lorsque j’ai vu le synopsis de Nuts!, réalisé par Penny Lane, mon coeur s’est enflammé. Un documentaire animé sur un docteur américain du début du XXème siècle qui a fondé tout son business sur la greffe de testicule de bouc sur des hommes pour soigner l’impuissance ? Je me devais de le voir et de le critiquer.

Penny Lane, réalisatrice.

Pays : États-Unis
Année de production : 2016
Durée : 1H19
L’histoire presque vraie de John Romulus Brinkley, un docteur du Kansas qui a découvert en 1917 qu’il pouvait soigner l’impuissance des hommes en leur greffant des testicules de boucs. À partir de là, l’histoire devient de plus en plus bizarre.

Je ne vais pas vous le cacher, avec un sujet comme celui-ci, je m’attendais à un film bien absurde et burlesque. Et même si le film ne m’a pas comblé sur cet aspect, damned, je dois bien avouer qu’il m’a apporté quelque chose auquel je ne m’attendais pas.

Le postulat de base, un médecin d’un petit bled pourri qui greffe des gonades, semble tout droit sorti d’une mauvaise série B, mais le documentaire de Penny Lane a bien plus à offrir. En effet, au-delà de son sujet, Nuts! est un très bel exercice de style sous bien des aspects.

Sur son fond d’abord. La réalisatrice de Our Nixon, un autre documentaire historique, a choisi un angle intéressant pour nous raconter la vie du docteur John Romulus Brinkley. Au travers de plusieurs grands chapitres, elle nous retrace les différentes grandes étapes de sa vie, allant de l’expansion de son cabinet de médecin en hôpital, de sa carrière politique et de sa fortune, ou encore de son apport révolutionnaire au monde de la radio.

Tout dans la vie du docteur est remarquable. Illustration du rêve américain, il s’est construit  et s’est défendu seul devant les attaques. On nous le présente comme un grand homme, un combattant. Penny Lane nous construit pendant plus d’une heure la légende d’un homme, un révolutionnaire qu’on a cherché à casser, pour finalement nous prendre à revers comme lui-même l’a fait avec ses adorateurs, constituant ainsi la vraie force du métrage.

Vrai tour de force de réalisation, à base de témoignages en prises de vues réelles, de lectures de lettres et autre reconstitutions animées, on croit mordicus à l’histoire de Brinkley pour tomber de haut dans un procès final éclatant bourré de révélations. Penny Lane transforme ainsi son documentaire plutôt classique en leçon sur l’approche que l’on peut avoir des gens, tout en captivant son audience.

Un tour de force appuyé par une utilisation intelligente de l’animation, remplaçant ici des images de reconstitutions qui n’existent pas, mais aussi pour illustrer des propos du docteur ou de ses détracteurs. Le tout dans un style d’animation traditionnel très basique, pour ne pas dire moche, qui apporte un certain charme rétro collant très bien au sujet.

Rien de bien original me direz-vous, mais Penny Lane joue avec cette animation basique pour faire passer des émotions liées aux différents chapitres qui construisent le film. Les débuts du protagoniste sont très bruts, sans couleurs, à l’image de la naissance de sa carrière, pour changer progressivement vers un style plus riche visuellement quand il en est à son apogée. Un exercice de style intéressant qui sert très bien le propos.

Penny Lane fait très fort avec Nuts!, son vrai faux documentaire sur l’histoire presque vraie de John Romulus Brinkley. En prenant à revers ses spectateurs, elle nous offre un film vraiment sympathique, à la fois drôle et prenant, qui pourrait cependant perdre ceux qui attendaient uniquement de l’absurde. Dommage pour eux, mais pour les autres, c’est un régal !

 

l'auteur

David

On dit souvent que les loutres, c'est cool. Et bien on a raison et même plus encore. David en est justement une, de celles qui aiment manger des kg de films d'animation et en parler par ici. On dit aussi qu'il le fait parce qu'il aime les coups de fouet d'Anthony, mais chut !

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