[Critique] La Petite de la Poissonnerie

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Vous en avez assez de la version pleine de froufrous et paillettes de La Petite Sirène version Disney ? Ou alors vous avez juste envie de découvrir une version du célèbre conte de Hans Christian Andersen avec de la ribaude et du salopard de première ? Et bien embarquez dans le monde de Petite, avec La petite de la Poissonnerie, de Jan Balej.

Jan Balej, réalisateur.

Pays : République Tchèque, Allemagne, Slovaquie
Année de production : 2015
Durée : 1H12
Contraints d’abandonner les eaux dévastées de leur foyer, le roi des poissons et sa famille s’aventurent à vivre parmi les humains. Un jour, Petite, la fille du roi des poissons, rencontre J.J., un parfait étranger. C’est là que l’affaire se corse.

Le monde de Petite, le personnage principal de ce film présenté hors compétition, est un monde bien particulier qui se situe clairement à l’opposé de ce qui nous avait été présenté dans la production de la souris. Les couleurs chatoyantes laissent leur place au glauque et aux tons froids, tristes, avec une ambiance de quartier portuaire aux tréfonds d’une ville pauvre. Le tout sur une stop-motion maitrisée, où l’utilisation de marionnettes aux teintes glaciales appuie la force de l’environnement du métrage.

Et ce n’est pas la base de l’histoire qui va apporter son lot de petites fleurs et d’animaux dansant, bien au contraire. Le Roi des Mers et son royaume subissent de plein fouet les méfaits de la pollution humaine, rendant la vie sous-marine impossible. Ils sont ainsi contraints de tout quitter et prendre un nouveau départ dans le monde des humains en ouvrant… une poissonnerie. Cet exemple de contre-pied illustre parfaitement le film et son ironie omniprésente, où un poisson est obligé de découper ses congénères pour survivre.

Mais c’est surtout Petite, la dernière fille du Roi, qui va nous intéresser ici. Jeunette qui rêve de découvrir par ses propres moyens le monde extérieur à la poissonnerie, elle finit par tomber amoureuse de J.J, le patron d’un bar/hôtel de passe aussi miteux que sa clientèle. Un prince sortant de l’ordinaire que ce J.J, à qui l’on aura régulièrement envie de donner des baffes de par son comportement, et qui participera très régulièrement aux petits moments bien déprimants. En effet, le monde est cruel, dur, et Petite l’apprendra à ses dépens.

L’environnement du conte a ici été clairement remis au goût du jour, délaissant châteaux pour bars et boutiques des mauvais quartiers, avec une petite touche de fantastique. Cette modernisation du support original est l’occasion de placer quelques petites références ou clins d’oeil très drôles, mais aussi de le rendre plus crédible et dur, avec quelques critiques de notre société actuelle. Une crédibilité, relative tout de même, qui permet de s’attacher au personnage principal et de jongler ainsi entre les différentes émotions provoquées par le film.

Difficile de juger La Petite de la Poissonnerie. Partagé entre un humour noir enrobé d’un délicieux cynisme et de petits shots de dépression, on passe rapidement du rire au coup de blues, prouvant ainsi que Jan Balej réussit son coup. Le conte d’Andersen est délicieusement torturé, modernisé, avec un lot de références et de situations tout bonnement excellentes, le tout sublimé par une stop-motion bien maitrisée. Définitivement une très bonne surprise du festival.

 

l'auteur

David

On dit souvent que les loutres, c'est cool. Et bien on a raison et même plus encore. David en est justement une, de celles qui aiment manger des kg de films d'animation et en parler par ici. On dit aussi qu'il le fait parce qu'il aime les coups de fouet d'Anthony, mais chut !

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