[Critique] Tito on Ice.

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C’est dans la salle Pierre Lamy que le réalisateur de Tito on Ice, Max Andersson, nous a accueilli. Il en a profité pour nous remettre en contexte le film que nous allions voir, basé sur leur tournée en ex-Yougoslavie pour la promotion de sa bande-dessinée « Bosnian Flat Dogs » (publiée en France chez l’Association), mélangeant prise de vue réelles et animation image par image.

Pays : Suède
Année : 2013
Pour faire la promotion de leur livre “Bosnian Flat Dog”, les auteurs suédois de bandes dessinées Max Andersson et Lars Sjunnesson font le tour des pays de l’ancienne Yougoslavie. Ils sont accompagnés par le maréchal Tito, momifié et réfrigéré.

Si l’on pouvait lister les adaptions ratées de bandes-dessinées (animées ou en live), cet article ferait 10.000 kilomètres de long mais fort heureusement, Tito on Ice n’est pas vraiment de ce registre-là puisqu’il se rapproche plus de ces documentaires qui retracent les tournées de groupes de rock,d’où son nom parodiant les spectacles sur glace.

A la fois documentaire sur la tournée et making of de celle-ci, Tito on Ice nous plonge dans les esprits rieurs et déglingués de Max Andersson et son collègue Lars Sjunnesson, en pleine conception de la marionnette du cadavre du Maréchal Tito, ainsi que des décors qui permettront au film d’avoir des ellipses visuelles.

Ces décors et apparences, mélange de bricolo/système D et d’arte povera, reflètent bien le sentiment que l’on éprouve à la lecture des œuvres dessinées d’Andersson.

On suit donc les pérégrinations de Max, Lars et la réalisatrice Helena Ahonen, accompagnés de ladite momie du Maréchal, posée sur le siège arrière de leur voiture. Le film alterne donc entre passages très documentaires, comme la fabrication de la momie et le départ en ex-Yougoslavie, et ceux en animation, mettant en exergue les changements de lieux, le voyage et Tito, évidemment lié à des événements s’étant passés à l’époque, dont je ne vais pas vous faire l’article ici.

On retrouve également des avatars de papier de nos protagonistes puisque ceux-ci sont aussi représentés en figures de papiers, toujours dans le style graphique d’Andersson. On a ici affaire à un humour nordique pince-sans-rire plus grinçant et certains événements relatés sont d’une grande drôlerie, pour peu que l’on adhère au procédé. Notre trio, au cours de leur voyage, rencontre différentes personnes comme l’ambassadeur qui a servi de modèle au héros de Bosnian Flat Dogs, des éditeurs et dessinateurs de bande-dessinée indépendante qui tentent de survivre…

Cette plongée dans cette constellation de pays aux portes de l’Europe ne laisse donc pas indifférent, encore moins sous le prisme de Max Andersson, qui possède clairement un don pour la comédie et pour l’animation sous une forme aussi dépouillée. Tito on Ice, bien que d’aspect hybride, valait donc clairement le déplacement ce mardi pour assister à la séance et le film a même reçu une standing ovation du public bien méritée !

l'auteur

Nicolas

Éditorialiste et contributeur occasionnel. Amateur de toutes formes d'animations. Adore fureter sur l'internet avec sa lampe frontale pour dénicher des raretés animées. Écrit ses autres lubies et obsessions pop-culturelles sur Grawr.fr.

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