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Dernier work in progress présenté et auquel j’ai participé pour cette édition 2018 (donc pas dans l’ordre de publication de nos articles, d’autres suivront), Bonjour le monde ! est une série atypique qui fallait absolument voir pour deux raisons : sa direction artistique et son approche scénaristique. Pas facile de réaliser dix épisodes de neuf minutes chacun en commençant par une naissance, à chaque fois différente. Mais… on dirait bien que le challenge a été relevé haut la main !

Intervenants de gauche à droite : Anne-Lise Koehler (auteure et réalisatrice), Éric Serre (auteur et réalisateur), Alexis Lavillat (producteur, fondateur de Normaal). Modérateur : Christophe Erbes (Kids Media Consulting).

La série grandeur nature ! Comment naît-on oiseau, pourquoi naît-on insecte, mammifère ou poisson ? Les sculptures de papier de “Bonjour le monde !” animent le spectacle de la vie sauvage. 10 épisodes comme autant d’aventures pour découvrir l’éveil au monde de 10 espèces animales. “Bonjour le monde !”, la première série d’animation naturaliste, un regard d’artiste posé sur le monde.

Alexis Lavillat nous fait une très chouette présentation de la série, alors je vous la retranscris telle quelle, ou quasi. La voici :

“Bonjour le monde ! est un programme entièrement basé sur des faits réels. Et tout d’abord sur le travail personnel d’Anne-Lise Koehler, sculpteuse, sculptrice… Bref, une fille qui fait des sculptures ! Depuis 20 ans, Anne-Lise développe une oeuvre unique, artistique : elle sculpte à leur taille réelle des animaux mais aussi leurs biotopes (la faune, la flore mais aussi plantes et insectes) qui forment leurs environnements. Anne-Lise procède à un relevé objectif de la diversité animale dans sa beauté et sa richesse. Ceci avec des moyens qu’elle qualifie elle-même de “modestes” : une armature en fil de fer, du papier mâché et un peu de couleurs. Son approche est scrupuleusement naturaliste, précise et documentée : vous pouvez compter les plumes de ses oiseaux il n’en manque pas une ! Mais son travail n’en est pas moins une interprétation de toute cette complexité. Avec Bonjour le monde ! nous faisons de la découverte sans jugement ni hiérarchie. Car Anne-Lise s’intéresse à tous : un escargot est aussi fascinant qu’un aigle.

Mais que vont-ils (Anne-Lise Koehler et Éric Serre) nous conter dans Bonjour le monde ! ? Le spectacle de la vie sauvage mais sous un angle particulier, celui de la naissance. La naissance, expérience partagée par tout être vivant. Moi-même je suis né une fois, enfin je crois… (rires). La nature se révèle être la meilleure scénariste au monde ! Curieusement elle ne perçoit rien de la SACD bien que la richesse de ses créations soit infinie… (rires) Pas une espèce, pas une naissance qui ressemble à une autre. C’est un boulot de dingue ! Bonjour le monde ! propose dans un premier temps de découvrir dix espèces, soit un animal différent par épisode, soit dix aventures car le chemin n’est pas le même quand on naît lynx ou lombric. Chaque épisode est un joyeux cheminement qui part du tout début pour accompagner l’animal dans la prise de conscience de sa condition, de son environnement et de sa réalité. Le parcours de l’animal nous donne aussi à voir la beauté de la nature en toutes saisons, de jour comme de nuit, dans l’eau, sur terre et dans les airs. Voilà ce que propose Bonjour le monde ! : un spectacle inédit et surprenant car vous ne l’avez jamais vu ainsi.

Toutes les feuilles des décors ont été réalisées à la main, une par une.

Quelques mots sur la technique. Bonjour le monde ! est entièrement réalisé en stop motion à partir des sculptures d’Anne-Lise Koehler sauf qu’elles sont censées bouger et qu’Anne-Lise sculpte en mouvement arrêté. Alors on refait tout avec des squelettes articulables et quand ça ne marche pas il faut sculpter chaque phase d’un mouvement indépendamment. C’est un travail colossal ! Pour les décors également avec cette technique de papier mâché et avec ce texte visible et assumé comme un témoignage bienveillant de la présence humaine. Une petite anecdote : cette technique vient du papier journal utilisé au début de sa carrière mais depuis elle lui préfère le papier de la “Pléiade” cette édition qui recèle les trésors de l’humanité car il est meilleur, plus fin et plus solide. Ce qui fait que notre pilote a été entièrement réalisé en Proust ! (rires)

À l’instar de l’image, tous les sons des animaux sont une réinterprétation, une retranscription de la partition de la nature faite à la voix humaine par Jean Chevallier qui fait les bruitages, un naturaliste, illustrateur imminent et fin observateur de la nature sauvage. Son truc à lui c’est d’être au plus près, de s’immerger, de s’imprégner, camoufler attendant le passage d’un animal. Et ce gars passe vraiment toutes ses nuits en forêt !”

Tous les scénarios ont été relus par des spécialistes du monde animal.

L’animation a été réalisée au studio Normaal d’Angoulême (contrairement au pilote qui a été réalisé sur Paris) où huit plateaux de stop motion ont été installés, tous avec un éclairage standard, dans des pièces totalement vides. Cette ville a été choisie pour sa propension à encourager le tournage en stop motion, y compris à l’école EMCA dans laquelle l’équipe y est allé chercher son assistant réalisateur, Xavier Truchon, fondateur de l’association Dynamotion (présent au stand Pôle Image Magelis au MIFA de cette année). Pour les co-réalisateurs, Anne-Lise Koehler a souhaité prendre en main la fabrication des marionnettes (près de 110 en tout !) et Éric Serre l’animation. La réalisatrice évoque également le travail de Samuel Dhaussy qui a “fait un extraordinaire travail en tant qu’ingénieur en chef. Il soigne tous les bobos des marionnettes qui arrivent généralement en plein tournage. On l’appelle “Super Sam” parce qu’il sait toujours nous résoudre tous les problèmes en deux temps trois mouvements, quels qu’ils soient.”

Une démarche écologique fut engagée tout au long de la production en utilisant, par exemple, des colles végétales ou encore en réutilisant de vieux matériaux destinés à la déchèterie : balsa (bois), mousse de canapé et d’isolation pour remplir les marionnettes. La co-réalisatrice ajoute : “À efficacité égale, je souhaite privilégier les modes de fabrication les moins polluants et laisser le plus de créativité possible à chaque membre de l’équipe en ne spécialisant pas les tâches. Chaque sculpteur est un character designer qui fabrique le plus souvent la marionnette de A à Z jusqu’à l’étape de la mise en couleur que je prends en charge pour la cohérence artistique.”

Le CNC, avec fond d’aide à l’innovation audiovisuelle, et France Télévisions sont les partenaires de cette série aux côtés de RTS et ANGOA – PROCIREP pour un budget annoncé de 1,5 millions d’euros. La diffusion est prévue à l’automne sur France 5 et une sortie plus tard au cinéma via Gébéka Films.

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Dernier work in progress présenté et auquel j’ai participé pour cette édition 2018 (donc pas dans l’ordre de publication de nos articles, d’autres suivront), Bonjour le monde ! est une série atypique qui fallait absolument voir pour deux raisons : sa direction artistique et son approche scénaristique. Pas facile de réaliser dix épisodes de neuf minutes chacun en commençant par une naissance, à chaque fois différente. Mais… on dirait bien que le challenge a été relevé haut la main !

Intervenants de gauche à droite : Anne-Lise Koehler (auteure et réalisatrice), Éric Serre (auteur et réalisateur), Alexis Lavillat (producteur, fondateur de Normaal). Modérateur : Christophe Erbes (Kids Media Consulting).

La série grandeur nature ! Comment naît-on oiseau, pourquoi naît-on insecte, mammifère ou poisson ? Les sculptures de papier de “Bonjour le monde !” animent le spectacle de la vie sauvage. 10 épisodes comme autant d’aventures pour découvrir l’éveil au monde de 10 espèces animales. “Bonjour le monde !”, la première série d’animation naturaliste, un regard d’artiste posé sur le monde.

Alexis Lavillat nous fait une très chouette présentation de la série, alors je vous la retranscris telle quelle, ou quasi. La voici :

“Bonjour le monde ! est un programme entièrement basé sur des faits réels. Et tout d’abord sur le travail personnel d’Anne-Lise Koehler, sculpteuse, sculptrice… Bref, une fille qui fait des sculptures ! Depuis 20 ans, Anne-Lise développe une oeuvre unique, artistique : elle sculpte à leur taille réelle des animaux mais aussi leurs biotopes (la faune, la flore mais aussi plantes et insectes) qui forment leurs environnements. Anne-Lise procède à un relevé objectif de la diversité animale dans sa beauté et sa richesse. Ceci avec des moyens qu’elle qualifie elle-même de “modestes” : une armature en fil de fer, du papier mâché et un peu de couleurs. Son approche est scrupuleusement naturaliste, précise et documentée : vous pouvez compter les plumes de ses oiseaux il n’en manque pas une ! Mais son travail n’en est pas moins une interprétation de toute cette complexité. Avec Bonjour le monde ! nous faisons de la découverte sans jugement ni hiérarchie. Car Anne-Lise s’intéresse à tous : un escargot est aussi fascinant qu’un aigle.

Mais que vont-ils (Anne-Lise Koehler et Éric Serre) nous conter dans Bonjour le monde ! ? Le spectacle de la vie sauvage mais sous un angle particulier, celui de la naissance. La naissance, expérience partagée par tout être vivant. Moi-même je suis né une fois, enfin je crois… (rires). La nature se révèle être la meilleure scénariste au monde ! Curieusement elle ne perçoit rien de la SACD bien que la richesse de ses créations soit infinie… (rires) Pas une espèce, pas une naissance qui ressemble à une autre. C’est un boulot de dingue ! Bonjour le monde ! propose dans un premier temps de découvrir dix espèces, soit un animal différent par épisode, soit dix aventures car le chemin n’est pas le même quand on naît lynx ou lombric. Chaque épisode est un joyeux cheminement qui part du tout début pour accompagner l’animal dans la prise de conscience de sa condition, de son environnement et de sa réalité. Le parcours de l’animal nous donne aussi à voir la beauté de la nature en toutes saisons, de jour comme de nuit, dans l’eau, sur terre et dans les airs. Voilà ce que propose Bonjour le monde ! : un spectacle inédit et surprenant car vous ne l’avez jamais vu ainsi.

Toutes les feuilles des décors ont été réalisées à la main, une par une.

Quelques mots sur la technique. Bonjour le monde ! est entièrement réalisé en stop motion à partir des sculptures d’Anne-Lise Koehler sauf qu’elles sont censées bouger et qu’Anne-Lise sculpte en mouvement arrêté. Alors on refait tout avec des squelettes articulables et quand ça ne marche pas il faut sculpter chaque phase d’un mouvement indépendamment. C’est un travail colossal ! Pour les décors également avec cette technique de papier mâché et avec ce texte visible et assumé comme un témoignage bienveillant de la présence humaine. Une petite anecdote : cette technique vient du papier journal utilisé au début de sa carrière mais depuis elle lui préfère le papier de la “Pléiade” cette édition qui recèle les trésors de l’humanité car il est meilleur, plus fin et plus solide. Ce qui fait que notre pilote a été entièrement réalisé en Proust ! (rires)

À l’instar de l’image, tous les sons des animaux sont une réinterprétation, une retranscription de la partition de la nature faite à la voix humaine par Jean Chevallier qui fait les bruitages, un naturaliste, illustrateur imminent et fin observateur de la nature sauvage. Son truc à lui c’est d’être au plus près, de s’immerger, de s’imprégner, camoufler attendant le passage d’un animal. Et ce gars passe vraiment toutes ses nuits en forêt !”

Tous les scénarios ont été relus par des spécialistes du monde animal.

L’animation a été réalisée au studio Normaal d’Angoulême (contrairement au pilote qui a été réalisé sur Paris) où huit plateaux de stop motion ont été installés, tous avec un éclairage standard, dans des pièces totalement vides. Cette ville a été choisie pour sa propension à encourager le tournage en stop motion, y compris à l’école EMCA dans laquelle l’équipe y est allé chercher son assistant réalisateur, Xavier Truchon, fondateur de l’association Dynamotion (présent au stand Pôle Image Magelis au MIFA de cette année). Pour les co-réalisateurs, Anne-Lise Koehler a souhaité prendre en main la fabrication des marionnettes (près de 110 en tout !) et Éric Serre l’animation. La réalisatrice évoque également le travail de Samuel Dhaussy qui a “fait un extraordinaire travail en tant qu’ingénieur en chef. Il soigne tous les bobos des marionnettes qui arrivent généralement en plein tournage. On l’appelle “Super Sam” parce qu’il sait toujours nous résoudre tous les problèmes en deux temps trois mouvements, quels qu’ils soient.”

Une démarche écologique fut engagée tout au long de la production en utilisant, par exemple, des colles végétales ou encore en réutilisant de vieux matériaux destinés à la déchèterie : balsa (bois), mousse de canapé et d’isolation pour remplir les marionnettes. La co-réalisatrice ajoute : “À efficacité égale, je souhaite privilégier les modes de fabrication les moins polluants et laisser le plus de créativité possible à chaque membre de l’équipe en ne spécialisant pas les tâches. Chaque sculpteur est un character designer qui fabrique le plus souvent la marionnette de A à Z jusqu’à l’étape de la mise en couleur que je prends en charge pour la cohérence artistique.”

Le CNC, avec fond d’aide à l’innovation audiovisuelle, et France Télévisions sont les partenaires de cette série aux côtés de RTS et ANGOA – PROCIREP pour un budget annoncé de 1,5 millions d’euros. La diffusion est prévue à l’automne sur France 5 et une sortie plus tard au cinéma via Gébéka Films.

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